esther Hyper Rust C'ant Sleep


Inscrit le : 15 Juil 2008 Messages : 1195
 | Sujet: Wilco Lun 13 Oct - 10:56 | |
| On aurait pu croire que tout a été dit. Il y a encore des artistes qui savent engranger et compiler les influences, les digérer surtout, oui, les digérer. La redite en musique, c’est probablement ce qu’il y a de pire. Autant j’aime un artiste qui se plante quand il essaye, autant je n’aime pas un artiste qui se plante quand il essaye de nous refourguer son éternelle recette.
Wilco vient de Chicago. Comme tout bon groupe américain qui se respecte, ou presque. Si les premiers albums étaient honnêtes sans être bouleversants, « Summerteeth » place la barre un peu plus haut, notamment, avec cette bon dieu de chanson. « How to fight the loneliness » qui arrache toutes les larmes de mon corps à chaque écoute. Le reste de l’album est un peu en dessous, mais tellement au dessus de la mêlée. Du folk américain en haute forme qui attire aussi l’attention par sa sobriété et son efficacité.
 http://www.deezer.com/track/779183
Mais là où tout commence, c’est avec « Yankee Hotel Foxtrot ». Ils croisent le chemin de Jim O’Rourke, qui leur ouvre le champ des possibles. On n’est pas tout à fait prêt au grand plongeon, mais on est sur le bord. Le titre d’ouverture sonne le glas d’un temps passé, et les horloges qui carillonnent remettent les pendules à l’heure. Il va désormais falloir compter sur Wilco. L’americana s’évapore peu à peu. Bien sûr, il y a des choses plus faciles et légères, « Jesus, etc, » et son violon sautillant, « Kamera » et sa fausse joie, « War on war » et ses guitares bouclées et tournoyantes. « I’m the man who loves you » et sa fin casse gueule que Neil Young aurait largement pu interpréter. « Reservations » vient clôturer le disque en une lente plage qui fleurte avec les divagations électro teutonnes et qui laisser présager de ce qui se fera sur l’album suivant.

« A Gost is born ». Leur Chef d’œuvre. Le point culminant de toutes ces influences. Du très Neil Young « At least that’s what you said », et son solo sidérant, acéré, calé sur un drap de sustain, au « Spiders » qui ramène au Kautrock d’un Faust ou d’un Can du meilleur cru, ce disque bat la campagne pour finalement se retrouver au croisement de tout. Jusqu’aux confins de l’expérience électronique sur les 15 minutes de « Less than you think » qui triture les paysages de Klaus Schulzse. Ici encore, on croise des choses plus classiques. Le très rock « I’m a wheel » et le très Randy Newman « Hummingbird », qui rappelle au passage que Randy Newman est sans doute l’un des songwriters les plus sous estimés de tous les temps. Bref, cette enfilade de perles fait de ce disque un pur bijou.
 http://www.deezer.com/track/673823
Blue sky blue ».Certains (moi, par exemple) regrettent déjà se retour dans les rangs. Une écriture plus serrée. Très efficace, certes, le seul titre d’intro, bouleversant, suffit à s’en persuader, mais c’est tout de même l’âme en peine que je me défais de la production de Jim O’Rourke, qui apportait un équilibre entre expérimentations et classicismes. Pourtant, ce disque comporte son lot de Chef d’œuvre et convainc tout de même de la grande qualité de compositeur de Jeff Tweedy.

A noter que le live sorti entre « Ghost is born » et « Blue sky blue » est parfaitement indispensable puisqu’il rend une urgence au groupe qui se perd un peu dans les affres de la production en studio.

A noter également, l’excellent premier album de Loose Fur, groupe éphémère entre Wilco et Jim O’Rourke, le second n’étant qu’une redite moins pertinente. Et un jour, c’est sûr, je parlerais de Jim O’Rourke.
 |
|
Shakey Administrateur


  Age : 17 Inscrit le : 05 Juil 2007 Messages : 660 Localisation : Gaillan Médoc (33)
 | |