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JUILLET 2017
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 Nina Simone

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Esther
Charly O'leg
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MessageSujet: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:29

Nina Simone, de son vrai nom Eunice Kathleen Waymon, née le 21 février 1933 à Tryon (Caroline du Nord) USA, décédée le 21 avril 2003 à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), est une pianiste et chanteuse américaine. Elle avait choisi la première partie de son pseudonyme en raison d'un amant latino américain qu'elle affectionnait énormément et qui l'appellait niña (fille en espagnol) et la seconde partie de son pseudonyme en hommage à Simone Signoret.
Son père et sa mère descendaient d'anciens esclaves. Ils étaient tous les deux des chrétiens très pratiquants s'attachant à transmettre des valeurs morales à leurs enfants. Elle était très attachée à son père mais sa mère était très distante envers elle, s'occupant peu de ses enfants, consacrant tout son temps à la religion et laissant les tâches ménagères à sa fille aînée Lucille.

Elle se montra très rapidement doué pour le piano, à tel point qu’elle devint claviériste dans la paroisse du quartier.

En 1943, âgée de dix ans, elle donne son premier concert public dans la bibliothèque de la ville. Un couple de blancs demande à ses parents, assis au premier rang, de partir. Eunice, ne comprenant pas, intervient et oblige le couple de blancs à renoncer. C’est son premier contact avec la ségrégation raciale. C’est également un épisode qui va la marquer durablement et l’accompagnera dans ses combats contre la ségrégation tout au long de sa vie.

Je vous passe les années de galère, elle prendra des cours auprès d’un professeur de grande renommée, puis va rapidement en donner à son tour. Pourtant, son but est de devenir la première concertiste noire de l’histoire. Elle développe une passion pour le piano classique, Bach notamment. En parallèle, elle s’apprête à découvrir Billie Holiday, ce qui va bouleverser sa vision de la musique.
Elle échoue une première fois à la Juilliard School de New York et commence à jouer dans plusieurs clubs. Peu à peu, elle s’impose et son succès grandissant, elle abandonne lentement ses projets pour se consacrer à sa vie d’artiste. Elle rencontre une prostitué qui va lui faire découvrir la vie la nuit.

Elle signe donc chez Bethlehem en 1957. Le patron lui fait signer un contrat dans lequel il lui enlève tous ses droits d’auteur, de compositeur, d’interprète, et lui empêche de toucher le moindre centime sur les ventes. En bref, elle touche un cachet en tant que musicien de studio, et ce sera tout. Elle enregistre une poignée de titres en quelques heures, et puis voilà tout.

Un jour de 1958, alors qu’elle se promène dans la rue, elle se découvre, assise sur un banc public, une mine un peu déconfite et triste. Son premier album est sorti, et elle n’est même pas au courant. Un 45 tours, mettant en avant « I love you Porgy », sortira un peu plus tard, sous le titre "Nina Simone and her friends", avec les autres titres enregistrés lors de la session (aujourd’hui, l’ensemble est réédité sous le même disque). « Jazz as played in an exclusive Side Street Club » est, comme son nom l’indique, un disque essentiellement de jazz. Outre le classique « I love you Porgy », elle reprend d’autres standards comme « Mood Indigo », « Don’t smoke in bed », « Little Girl Blue » (certaines éditions du disque porteront d’ailleurs ce titre…), l’immense « Good Bait » mais aussi des compositions personnelles comme « Central Park Blues » qui, s’il est encore un peu maladroit n’en recèle pas moins un évident talent, et pour la composition et pour le piano. La discographie de Nina Simone va être essentiellement axée sur des reprises, qu’elle livrera avec génie, mais elle saura donner naissance à quelques sublimes perles.

Et puis bien sûr, le surestimé « My baby just cares for me » ; Elle chante d’ailleurs ce titre sans y mettre beaucoup de sa personne, elle le considère comme léger et anodin, et pourtant, près de trente ans plus tard, il bouleversera sa vie comme aucune autre chanson ne saura le faire.
Aujourd’hui, je considère ce disque comme une de ses plus belles réussites, sans véritable faiblesse. Dès les premières notes, elle fait preuve, derrière les touches de son piano, d’une assurance sidérante, frappant ses notes sans la moindre hésitation, et surtout, sachant mélanger le jazz et ses influences classiques comme personne. Elle touchera au sublime quelques années plus tard en ajoutant à tout cela un peu de soul. Pour l’heure, sa carrière débute, ses galères aussi.


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Esther
Charly O'leg
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:30



I PUT A SPELL ON YOU

A nouveau armée d’un orchestre, Nina Simone va cette fois prouver que l’on peut faire un disque d’une grande beauté, sans mouchoirs excessifs. Dès le titre d’intro, « I put a spell on you », où elle livre une version blues et jazz d’un standard, qui deviendra aussitôt un de ses titres phares, on sent qu’elle tient là un de ses chef d’œuvre. Il suffit de l’entendre vous dire « I love you » pour avoir envie de la croire. On frôle parfois le dérapage similaire à l’album précédent, mais l’album, dans sa globalité est marqué par la retenue. Elle touche à plusieurs reprises au sublime « Tommorrow is my turn », et le délicat « Beautiful Land ». Par contre, sa reprise de « Ne me quitte pas » a toujours eu du mal à me convaincre. L’accent sans doute. Enfin, il y a « Feeling Good », et là, les mots me manquent.Contrairement aux idées reçues, c’est une chaon écrite par Anthony Newley and Leslie Bricusse pour une comédie musicale don’t le nom m’échappe. Dès l’intro a capella qui résonne comme dans une église au fin fond de l’amérique esclavisée, les frissons montent. Puis vient le piano martelé, hachuré par les cuivres, les violons, l’orchestre qui s’enflamme, et cette voix tremblante d’émotion et pourtant d’un orgueil sans nom. Lorsqu’elle hurle la liberté sur 2 minutes 30, elle embarque tout sur son passage, et malgré sa voix vacillante, elle met l’auditeur à genoux. Cette chanson va sceller va passion grandissante pour Nina Simone, lors d’une écoute, par hasard, d’un best of quelconque dans une soirée entre potes. De Nina Simone, je ne connais, à l’époque, que « My baby just cares… ». Ce fût un coup de foudre immédiat.
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Crazy Bear
Rusty Papa Ours
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:31

tu as écrit tout ça en 5 min ou tu nous ressort une chronique de ton blog ?

en tout cas merci, je vais lire ça avec attention et découvrir
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Esther
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:31



PASTEL BLUES

A cette époque, Nina Simone enfile les chef d’œuvre comme des perles. Elle sort sont premier album entière consacré au blues. « Be my husband » déclamé a capella ouvre un bal de fortune. Nina Simone, à l’époque très fatiguée, commence à ralentir la cadence sur les concerts, ce qui lui fait croire un moment que son mari commence à avoir de la considération pour elle. Le réellement magnifique « End of the line » semble à nouveau sortir de ces petites églises de province où l’on prêchait la bonne parole. L’ensemble est de facture assez classique, du blues basique, joué principalement au piano. Rien d’exceptionnel, c’est vrai, mais tout de même de très bonnes interprétations. Elle y reprend « Stange Fruit » dans une version plus silencieuse que dans sa première interprétation. D’ailleurs, Nina Simone, tout au long de sa carrière s’amusera souvent à reprendre des chansons déjà enregistrées pour en livrer de nouvelles versions. Pas toujours à bon escient.
Le gros morceau de cet album, c’est évidemment « Sinnerman ». Dès l’intro galopante au piano, çà fleure le morceau dantesque. 10 minutes absolument faramineuses. Elle quitte le blues primaire et s’envole vers les contrées d’un gospel priant pour la liberté. Tout au long du titre, l’impression d’une course folle engagée contre l’oppression persiste. Elle martèle son piano comme si sa vie en dépendait, alors que les chœurs derrière soulèvent à bras de corps ce morceau tout bonnement magique. Le break au milieu donne à respirer, avec un solo de guitare qui n’en est pas vraiment un….puis Nina reprend le combat avec son piano. Le tout se termine dans les cordes, semblant s’écrouler d’épuisement. Enorme.
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Esther
Charly O'leg
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:32



LET IT ALL OUT

Mon album favori. Je préfère recopier ce que j’en ai écrit un jour.
Une fois les portes de la petite église poussées, ce qui saute le plus aux yeux, se sont les vestiges d’une ségrégation encore marquée. Dans cet état de la Caroline du Nord, les blancs ne s’assoient pas à côté des noirs. Les noirs d’ailleurs le plus souvent ne s’assoient pas. On écoute malgré tout religieusement la petite fille, dressée sur l’autel. Elle joue du piano, et n’a que 5 ou 6 ans la petite Eunice. Pourtant, lorsque des blancs veulent prendre la place de ses parents, sur le banc du premier rang, et que ses parents cèdent leur place, elle ne comprend pas. Elle s’arrête alors de jouer et demande pourquoi ses parents sont obligés de se lever. Des rires gênés fusent dans l’assistance, mais devant le regard insistant de la gamine, les blancs se relèvent et laissent les parents noirs s’asseoir. Le regard de la petite Eunice ne sera plus jamais le même.

Lorsque l’on entend pour la première fois « Images », c’est un peu cette histoire que l’on entend. Nina Simone enregistra ce disque en 1965. Dire qu’il figure parmi ses meilleurs disque est un doux euphémisme tant il comporte tout son génie en une poignée de standards. Ce disque se voulait alors comme une ode à Billie Holiday. C’est une véritable réussite. En plus de « The ballad of Hollis Brown » de Bob Dylan, elle tient la dragée haute à Ray Charles en composant « Chauffeur », crédité à Andy Stroud, son manager, mari, et escroc en herbes. Elle y reprend « Mood Indigo », « Love me or leave me » dans des versions fulgurantes, livre une version de « Little girl blue » bouleversante, et reprend « Don’t explain » de Billie Holiday en touchant du doigt la grâce ultime, le génie à l’état pur, un diamant taillé dans la masse et dans la souffrance.
A cette époque, Nina Simone n’a pas encore sombré dans la folie, et n’est pas encore sous médicaments qui l’empêcheront parfois de glisser définitivement.
A l’écoute de ce « Images », on entend aussi Nina Simone, à la fin de sa vie, au fin fond de la France , quelque part dans le sud, engoncée dans son lit à ne plus pouvoir bouger. Rongée qu’elle était par un cancer qui s’était généralisé, abandonnée de tous, regrettant amèrement de ne pas avoir été une bonne mère, de ne pas en avoir eu une, elle aussi, de ne pas avoir trouvé le bon mari. Elle est entourée de ses disques, signes d’une gloire passée, évanouie, et elle s’éteint lentement, de la façon qu’elle avait pourtant toujours craint. Seule.
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Esther
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:32

Une fois que vous aurez fait le tour de ceux là, il sera temps de vous pencher sur les autres.
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Esther
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MessageSujet: Re: Nina Simone   Jeu 2 Sep - 21:53



Je n'ai pas chroniqué ce disque, mais je ne saurai trop insister dessus tant il est merveilleux. Seule avec son piano, elle enquille les perles, réinterprète quelques standards.... C'est bouleversant. Rien de mieux à dire.
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