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 Télérama & Neil Young

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Zwaffle
Boucles d'or
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MessageSujet: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 16:57


Neil Young (6) a toujours navigué, politiquement comme en musique
Les disques rayés, le blog musique de François Gorin |
Le 16/04/2013 à 00h00
François Gorin

Il n'y a pas de honte à chanter les petits oiseaux. Surtout quand on est un grand Canadien baraqué comme un bûcheron, qui une fois sur deux laisse flûter ou miauler sa voix d'enfant. I am a child, chantait-il au moment de s'envoler de Buffalo Springfield. Little Wing est bâti sur presque rien. Ce n'est pas celui de Jimi Hendrix, que Neil Young adore, on le sait. Ni un envol psychédélico-spectorien à la Expecting to fly. Juste un harmonica qui tremblotte comme de la gelée sur une assiette. Une guitare caressée du bout des doigts. Et la voix qui gémit très, très doucement. All her friends call her Little Wing… she flies rings around them all… A peine articulés, des mots qui semblent surgir des notes. La mélodie retrouve la trace perlée du Sad Memory de Richie Furay, sur Buffalo Springfield Again (leur meilleur, d'assez loin).


On doute pourtant que ce soit un hommage. Le temps d'ailleurs fait ici des tours et des cabrioles. Hawks and doves est un album de 1980, mais Little Wing devait initialement figurer sur Homegrown, recueil country-folk à dominante acoustique, resté dans les tiroirs – Young jugeait alors plus urgent de sortir Tonight's the night, d'un tout autre tonneau. La chanson frémissante ne dure que 2'10, c'est court mais les trois autres de la face A (celle des Doves) ne sont pas mal non plus. The Old Homestead, provenant des mêmes séances de fin 1974, est ce que Neil Young sait le mieux faire en basse tension. Drumming discret de Levon Helm, du Band. Lost in space porte à merveille son nom. Enfin Captain Kennedy est une ballade irlandaise qui paraît tout droit sortie de la fameuse Anthology of american folk music de Harry Smith. La face B, celle des Hawks, vire à la country pure et dure, apte à réjouir plus d'un Texan républicain autour du barbecue dominical. Politiquement comme en musique, Neil Young a toujours navigué. Là c'était un coup de barre à droite, alors on restait confortablement lové dans la ouate de la face A.

à suivre



Neil Young (7), un Solitaire bien entouré
Les disques rayés, le blog musique de François Gorin |
Le 17/04/2013 à 00h00 - Mis à jour le 18/04/2013 à 10h02
François Gorin


Comme beaucoup de filles en 1972, ma sœur avait acheté Harvest et ce fut mon premier Neil Young, jusqu'à faire ensuite le chemin à rebours : After The Gold Rush, Everybody Knows This Is Nowhere (mon préféré à l'époque). Chaque fois une image un peu brouillée, une longueur de cheveux différente. Et puis ce premier solo avec un dessin colorié, assez laid. Celui du fameux The Loner, autoportrait pour la légende : « He's the perfect stranger, Like a cross of himself and a fox… » Comme on le sait, stranger dit étrange autant qu'étranger. L'inconnu. Au cran suivant, c'est l'alien.

Le connaîtra-t-on jamais vraiment, Neil Young ? Il faudrait que j'attaque enfin cette fichue autobiographie qu'on m'a passée il y a six mois… Toujours la même histoire, au fond : chansons écorchées vives, cœur mis à nu et masques, fumées, brouillard. Neil Young, c'est après Buffalo Springfield et avant Crazy Horse. Le Solitaire n'est pas si mal entouré : Ry Cooder à la guitare d'appoint, Jack Nitzsche arrange et signe un délicieux String Quartet from Whiskey Boot Hill, qui tombe avec grâce dans la chanson suivante. Here We Are In The Years. Du genre qu'on peut chantonner longtemps après l'avoir entendue pour la dernière fois : « Now that the holidays have come, They can relax and watch the sun Rise above all Of the beautiful things They've done… » Ce qu'« ils » ont fait, nul ne le sait. Certaines phrases mélodiques ont une évidence imparable. Il en coule un émerveillement simple. Une ode à la gloire des joies de la vie au grand air. « What a pity that the people from the city Can't relate to the slower things That the country brings… » Eloge de la lenteur. Le débutant paraît s'effrayer de ces vies qui deviennent des carrières… Il ne cessera plus de faire la navette entre la ville et la campagne, le rustique et l'électronique, la solitude et le groupe, l'amour et la misanthropie. L'état de nature comme refuge ou regret. L'humanité comme aspiration ou repoussoir.

à suivre




Neil Young (8), ça bouillonne du sang, ça crache du venin…
Les disques rayés, le blog musique de François Gorin |
Le 18/04/2013 à 00h00 - Mis à jour le 19/04/2013 à 09h55
François Gorin


On The Beach est un album étrange dans la production d'un type étrange. Un truc solitaire parmi la foule des traces laissées par le Loner. Un disque où il fait bon traîner, parce qu'on n'a pas d'autre choix que d'être dedans, et non à côté. On est avec ce Neil Young qui traîne comme peu savent le faire. La lenteur dépressive de la deuxième face, On the beach, Motion pictures, Ambulance blues, cette longue plainte atone, ivre et magnifique, découpée en trois plages (celle du milieu comme une pause), ce grand blues pré-lo-fi, de qui d'autre que lui viendrait-il mieux ? Il y a le Young sur les nerfs, cabrant sa guitare comme un cheval sauvage à peine dompté, poussé au train par un groupe choisi rude exprès (Crazy Horse, ici quasi absent). Puis le Neil affaissé, down, cherchant seul ou presque le réconfort d'une mélodie, parfois réduite à une mince trame effilochée.

Fier, ombrageux, il tourne le dos à ses congénères. Il maugrée, boude, on vient le chercher sur la plage et on n'y reste pas, il gueule un truc, vous ne voyez pas qu'un missile (?) vient de tomber juste à côté ? Revolution blues est le seul moment vraiment turbulent de l'album. Ça bouillonne du sang, ça crache du venin. Un Neil Young comme jamais cynique use d'abord d'un « nous » puis passe au « je », une bande à lui seul dans une caravane au bord de la ville, avec vingt-cinq carabines assez menaçantes. Eliminer les chiens de garde et s'allonger sur la pelouse, libérer les colombes à côté de l'usine d'ordinateurs… La tension ne cesse de monter. Il y a le souvenir brûlant d'Ohio, Crosby à la seconde guitare et deux gars du Band, Rick Danko boute le feu d'une partie de basse tout simplement géante. La fin annonce un carnage : well I hear that Laurel Canyon is full of famous stars… but I hate them more than lepers and I'll kill them in their cars… Les chanteurs ne croient pas à la révolution. Ils ne sont pas là pour ça. Ils en chantent les plaies et les bosses, le blues.

à suivre


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distantcamera
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 17:28

merci pour la lecture !
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lalou
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 19:23

+1
Je ne suis pas assez catho de gauche pour lire Télérama, mais ce François Gorin a une belle plume.
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ELSD
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 19:33

C'est vrai.
Par contre je n'ai pas trouvé les 5 autre blogs
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nyzwok
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 20:00

ELSD a écrit:
C'est vrai.
Par contre je n'ai pas trouvé les 5 autre blogs
La liste
http://www.telerama.fr/personnalite/neil-young,6805,articles.php

_________________
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ELSD
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   Ven 19 Avr - 20:08

Merci nyzwok,
Je vous laisse lire le (2), ce qu'il dit de Words c'est ça, exactement ça.
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MessageSujet: Re: Télérama & Neil Young   

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