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JUILLET 2017
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 Vu ou Revu (3)

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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Sam 12 Oct - 10:20

@nyzwok a écrit:
Ne ne vais quasi jamais au cinoch, mais pour une fois je ferai surement exception pour
 Les arbres, les forêts, le bois sont pour moi l'un des plus beau trésor de la vie. (d'ailleurs même mon alliance est en bois .)
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537422&cfilm=209348.html
Le sujet est en effet passionnant, le réalisateur très bon dans son domaine.
J'ai vu la bande annonce et je me pose tout de même quelques questions sur ce mélange entre prises de vues réelles et image de synthèse, qui me convainc plus que moyennement.
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nyzwok
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Sam 12 Oct - 11:03

@Nulladies a écrit:
@nyzwok a écrit:
Ne ne vais quasi jamais au cinoch, mais pour une fois je ferai surement exception pour
 Les arbres, les forêts, le bois sont pour moi l'un des plus beau trésor de la vie. (d'ailleurs même mon alliance est en bois .)
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19537422&cfilm=209348.html
Le sujet est en effet passionnant, le réalisateur très bon dans son domaine.
J'ai vu la bande annonce et je me pose tout de même quelques questions sur ce mélange entre prises de vues réelles et image de synthèse, qui me convainc plus que moyennement.
Moi aussi, je suis perplexe, mais faut attendre de voir, ça a peut être un intérêt pédagogique pour les plus jeunes qui n'ont pas forcément conscience qu'une petite graine puisse devenir un arbre de plusieurs dizaines de mètres, ainsi que la relation au temps, difficile à cerner juste avec des images.

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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Dim 13 Oct - 6:06



Taxi Driver, dont on a à peu près tout dit, est l’un des plus brillants films jamais réalisés sur la solitude urbaine. Au gré de déambulations nocturnes (reprises d’ailleurs dans l’ouverture de la première saison de Dexter, la ressemblance est assez frappante) à l’esthétique parfaite, les lumières d’une ville qui ne dort jamais accompagnent les insomnies du chauffeur de nuit, magnifiées par le thème intemporel de saxo de Bernard Herrmann.
Alors qu’on s’excitait vainement entre potes dans Mean Streets, l’heure est à l’isolement, la gueule de bois du Viet Nam et le désœuvrement. Restent les cinémas pornos, les diners dans lesquels on n’écoute pas les délires mythomanes des collègues taxis, et l’attente d’une quête.
Le récit semble pourtant suivre une progression dans un premier temps : Travis économise, trouve un travail, et ose aborder la lumineuse Betsy. Mais dans une suite de séquences à la fois profondément embarrassantes et d’une grande justesse, son moi profond, éponge à la violence qu’il traverse chaque nuit, dévoré par l’obscurité de la ville, reprend le dessus. Son discours à l’homme politique sur la nécessité de nettoyer les rues de la racaille, son invitation de Betsy dans un cinéma porno détruisent tout ce qui avait été entrepris. Alors seulement, la descente peut commencer. Cette tragédie, Scorsese l’annonce très tôt par des partis pris esthétiques moins baroques que pour Mean Streets, et d’autant plus efficaces : le regard acéré sur le réel, comme le gros plan sur le cachet effervescent dans un verre, ou la déviance, à travers cet énigmatique et bouleversant travelling : de Travis au téléphone avec Betsy au couloir, au bout duquel une trouée donne sur la rue. Désaxé, le regard induit la perte du protagoniste redevenu un anonyme pour celle qu’il aimait, éjecté vers la masse grouillante du boulevard.
Autre élément tragique, l’intervention du cinéaste lui-même, occasionnel client du taxi qui annonce son meurtre à venir, matant sa femme à la fenêtre d’un amant, rejouant Rear Window en mode trash. Il met ici Travis sur les rails, le dirige à la fois comme personnage et cinéaste dans une séquence d’une grande intensité.
Abandonné de ceux qui auraient pu devenir des repères et des ancrages du réel, Travis régresse et entame la maturation carcérale de son personnage, prostré dans la cage de son appartement, jouant avec ses flingues et les tenant comme des peluches devant son téléviseur, Si la scène mythique du miroir l’est autant, c’est moins pour la mise en scène du gangster vindicatif que du pathétique enfant jouant au dur. Car à la phrase « Are you talking to me ? », invitation désespérée au contact, Travis en ajoute une autre, bien plus violente encore : « I’m the only one here », cri de solitude sans appel maquillé dans une provocation et un duel de phantasme fictionnel.
Si le monde ne vient plus à lui, Travis ira au contact, en l’éliminant. Puisqu’il échoue avec la sphère diurne (le candidat Pallantine et son attachée de communication Betsy), il se reporte sur ceux qui lui ressemblent : la prostituée Iris et son mac.
La descente aux enfers, par le carnage final, est donc à la mesure de tout ce qui faisait la préparation de Travis, et qu’il veut naïvement qualifier de mission secrète du gouvernement. Quitte à être inaperçu et invisible, autant feindre d’en être l’instigateur. Le déchainement de violence final, d’une saleté volontaire dans les couleurs (Scorsese a volontairement désaturé les couleurs pour éviter qu’un sang trop vif ne provoque la censure) dit tout d’un ratage spectaculaire, où ce qui pouvait finir sur un paroxysme cinématographique ressemble davantage aux mauvaises photos des tabloïds.
L’épilogue a de quoi surprendre. Curieusement féérique, trop lumineux pour ne pas être ironique, il laisse repartir Travis dans la nuit, Betsy dans le rétroviseur. La thématique éminemment scorsesienne de la rédemption est bien présente, mais si Travis est devenu le Christ sacrificiel, c’est pour un temps seulement. La nuit n’a pas changé, et la solitude demeure, en témoignent le générique de fin et la musique d’Herrmann qui a depuis le début pris soin d’allier la douceur du saxo aux dissonances orchestrales les plus inquiétantes.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Lun 14 Oct - 6:00



CO
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Zwaffle
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Lun 14 Oct - 9:47

@Nulladies a écrit:


CO
j'hésite beaucoup à aller le voir celui-là (faut dire que c'est 3h de film...)

en revanche pour rester dans le monde gay, j'ai vu ça ce weekend:



très très bon (dernier ?) film de Soderbergh, qui faisait également partie de la sélection à Cannes

Michael Douglas et Matt Damon sont vraiment excellents tous les deux (la transformation des deux est assez stupéfiante, Matt Damon donne l'impression d'avoir 16 ans au début du film), c'est assez "couillu" de leur part d'avoir joué ces rôles alors qu'a priori le film a eu du mal à se faire parce que "trop gay"
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Lun 14 Oct - 9:54

Le Soderbergh m'a l'air un peu lisse, je n'irai pas le voir au ciné en tout cas.
Va voir le Kechiche. On ne voit pas passer les trois heures.
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Zwaffle
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Lun 14 Oct - 9:57

@Nulladies a écrit:
Le Soderbergh m'a l'air un peu lisse, je n'irai pas le voir au ciné en tout cas.
Va voir le Kechiche. On ne voit pas passer les trois heures.
un peu lisse oui, mais très drôle et bien foutu, j'ai vraiment beaucoup aimé

le Kechiche je sais pas, je sais que tout le monde a adoré (enfin les critiques parce qu'il y a quand même des spectateurs qui se sont fait chier) mais je sais pas, il y a d'autres films que je veux voir avant et je pense que je peux attendre sans problème la sortie dvd
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Lun 14 Oct - 11:24

@Zwaffle a écrit:
@Nulladies a écrit:
Le Soderbergh m'a l'air un peu lisse, je n'irai pas le voir au ciné en tout cas.
Va voir le Kechiche. On ne voit pas passer les trois heures.
un peu lisse oui, mais très drôle et bien foutu, j'ai vraiment beaucoup aimé

le Kechiche je sais pas, je sais que tout le monde a adoré (enfin les critiques parce qu'il y a quand même des spectateurs qui se sont fait chier) mais je sais pas, il y a d'autres films que je veux voir avant et je pense que je peux attendre sans problème la sortie dvd
Le soderbergh est bien, mais pas mémorable.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mar 15 Oct - 13:15



Film d’une grande radicalité, Théorème allie deux tendances apparemment contradictoires, la rigueur d’une démonstration idéologique et la forme libre d’un poème en prose.
La construction du récit, avec l’annonciation, la venue puis le départ du Visiteur, dont les conséquences se démultiplient sur chaque membre de la famille, a tout d’un programme. Le milieu bourgeois, fortement représenté par la riche demeure, son vaste jardin et sa multitude de chambre se pose comme l’affirmation d’une assurance, d’un minéralité établie et bien entendu illusoire. Le visiteur, à la fois vers dans le fruit et haricot magique, va faire sortir les résidents qui vont se déployer sur le monde par leurs révélations respectives : la sexualité, l’aliénation, l’économie, la philanthropie, l’art, la sainteté. Messie athée, révélateur des potentiels humains figés dans une société de la mesure et du refoulement, le silencieux visiteur propose une apocalypse que Pasolini appelle de ses vœux : oui au scandale, oui à la révélation d’une vérité de notre être, à la libération de nos élans profonds, à notre accession au statut de dieux incarnés.
La forme a de quoi surprendre : très fortement elliptique, toute entière fondée sur de longs silences, elle donne avant tout à voir l’échappée du récit et de sa logique traditionnelle. Déchargés de l’obligation de signifier par des actions standardisées et tacites, les personnages déroutent, se laissent aller. L’univers devient onirique, mystique, fortement symbolique, échappant souvent à dessein à l’interprétation. On ne peut pas dire que Pasolini soigne particulièrement sa plastique, exception faite sur certains plans d’ensemble, que ce soit de l’architecture des hangars de l’usine du père ou des plans du désert montagnard où passent les nuages. Sous l’égide d’un lancinant et de plus en plus présent Requiem de Mozart, les séquences s’enchainent comme les strophes irrégulières d’un poème dont la première lecture annonce un sens qui ne se livre pas immédiatement, mais dont le pouvoir de fascination est indéniable.
Film comme seules ces années-là en produisirent, Théorème dit l’ébullition d’une époque, la recherche audacieuse et la volonté d’explorer de nouvelles terres, à l’image de ce désert final, où l’homme nu hurle, libéré de toute attache sociale ; il est par ailleurs troublant de considérer à quel point la similitude visuelle est forte avec la scène centrale de Zabriskie Point qui paraitra l’année suivante : même décor minéral et venteux, même rapport de la nudité à la matière, à une différence de taille : ce sont des couples qui s’y ébattent là où le protagoniste de Théorème semble simplement chercher à accomplir la parole divine en retournant à la poussière.
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ELSD
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mar 15 Oct - 13:50

"oui au scandale, oui à la révélation d’une vérité de notre être, à la libération de nos élans profonds, à notre accession au statut de dieux incarnés"


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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mar 15 Oct - 13:55

@ELSD a écrit:
"oui au scandale, oui à la révélation d’une vérité de notre être, à la libération de nos élans profonds, à notre accession au statut de dieux incarnés"

Je vois que tu maîtrises bien ton petit Pasolini illustré. Very Happy 
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 16 Oct - 8:27



L'homme à la caméra, Dziga Vertov

Expérience formelle hallucinante, L’homme à la caméra est un jalon fondamental dans l’histoire du cinéma, art jeune et nouvelle forme d’expression. Soit un homme, une caméra : explorons les possibles et les moyens de signifiance propres à ce médium. Pas d’histoire, pas de théâtre, pas de littérature, pas d’acteur, pas de scénario, pas d’intertitres, indique le générique de début, mais la volonté de créer « une langue du cinéma absolue et universelle ».
Libéré de son joug d’art jeune inféodé aux aînés, le cinéma affirme dès lors sa spécificité à travers trois motifs majeurs : les angles de vues, le montage, et dans une moindre mesure, les effets spéciaux.
Plongée, contre plongée, panoramique, travellings embarqués sur des trains, des trams, des voitures, des grues, plans d’ensemble sur une ville grouillante de vie, très gros plans sur les pistons, les manettes et les rouages qui l’actionnent, c’est un programme exhaustif et jouissif qui se déroule dans la frénésie et l’enthousiasme.
Le montage est la seule écriture du récit, un documentaire qui donne à voir la vie active méticuleuse des travailleurs, des maquilleuses, des mineurs, des lavandières, des usines… La pulsation de la ville est restituée à la perfection. Incroyablement travaillé, symphonique, le montage déploie toute la capacité du langage cinématographique et culmine dans des scènes extraordinaires d’intensité sur le travail à la chaîne, alternance entre la mécanique des machines et les gestes précis des ouvrières.
Les effets, enfin, qui font du cinéaste un magicien qui maîtriserait le temps : accéléré, ralenti, plan figé de sportifs en plein saut, marche arrière, surimpression, jeu sur les reflets, décomposition du cadre, toutes les expériences sont permises.  
Dernière audace, et non des moindres, la mise en abyme permanente : le seul véritable personnage du film est l’homme à la caméra, qui film les images que nous venons ou sommes sur le point de voir. L’écran lui-même est filmé, ainsi que les spectateurs, volonté évidente de briser l’illusion d’un cinéma théâtral : le sujet du film, ce n’est pas la fiction, c’est la captation du réel par le film, et finalement la génération de celui-ci. La ville prend vie, les spectateurs fusionnent avec ceux qu’ils contemplent, et la « géographie créatrice » donne à voir un réel augmenté et signifiant.
Véritable invention du clip, ce manifeste futuriste est sublimé par un regard, le fameux ciné œil, qui le transcende et affirme avec fougue les potentialités du cinéma, art naissant et plein de promesses.
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Jeu 17 Oct - 6:57



Si on vous présente comme très bon un film où un commando de gros bras a maille à partir avec un extraterrestre dépeceur capable d’invisibilité et de vision infrarouge, c’est que vous avez a priori pour interlocuteur un adolescent de quatorze ans ou un champion de paintball.
Affirmer que c’est un grand film de par ses qualités esthétiques et cinématographiques, c’est déjà plus audacieux.
Et pourtant.
Certes, nous avons droit à ce qui fait que Schwarzenegger joue dans un film en 1987 : musculature, calibres de tous poils, explosions et répliques macho à gogo (reste, là toi, dit-il à un méchant après l’avoir cloué au mur avec son poignard de la taille d’un tronc d’arbre).
Mais voilà, après cette première demi-heure fidèle au genre, survient progressivement une tension graduelle d’une efficacité redoutable.
Dans Die Hard, le défi visuel consistait à exploiter toutes les ressources d’un bâtiment, d’en explorer les moindres recoins pour y déceler un potentiel de terrain cascadoludique. Ici, tout le film repose sur le principe de la découverte, à l’image de ce plan programmatique qui remonte le long d’un tronc, interminablement, pour aboutir au cadavre sanguinolent de la première victime. Dès lors, la quête est de voir le prédateur, alors qu’on pensait pouvoir se contenter de canarder à tout va pour l’éradiquer : en témoigne cette séquence diablement ironique où l’on vide tous les chargeurs sur la jungle, démonstration de force d’autant plus vaine qu’elle tente de capter l’invisible et l’insaisissable. En contrepoint, les séances de replay en infrarouge, longues et expérimentales, complètent cette exploration exhaustive que met en place McTiernan.
Méticuleux, méthodiques, les survivants vont apprendre à anticiper et à regarder. A mesure qu’il progresse, le film devient de plus en plus rigoureux dans sa construction, tout entier dévolu à son thème, le regard, pour aboutir à une chasse muette et d’une très grande maitrise plastique.
Grande idée que celle d’une progression vers le dénouement par le dénuement : les deux ennemis restant se délestent peu à peu de leurs attributs : Schwarzenegger, ostentatoire dans l’exposition par ses biceps et son cigare phallique, apprend l’invisibilité en se couvrant de boue (certains portraits nous évoquent d’ailleurs le Martin Sheen d’Apocalypse Now). La bête, elle, accepte de devenir visible et organique pour le corps à corps final.
Avec Alien et The Thing (on remarquera à ce titre le prélude exactement similaire au film de Carpenter, à savoir l’arrivée d’un vaisseau extraterrestre sur la terre), Predator fait partie de ces films qui honorent leur genre habituellement méprisé par une maitrise décuplant le divertissement et un sous-texte leur conférant le statut de véritable œuvre d’art.
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Ven 18 Oct - 7:32



Le fantastique à la française a le mérite de la rareté. Les yeux sans visage en propose une exploration singulière et franchement réussie.
Le film se construit comme la conquête d’une image qui se dérobe dans toute sa première partie, celle du fameux visage. C’est d’abord celui du cadavre à l’arrière de la voiture, occulté par un chapeau dans une longue séquence de nuit, silencieuse et laborieuse, où l’on traine un corps inerte avant de le jeter à l’eau. C’est ensuite celui de la protagoniste, longuement prostrée sur son oreiller, et qu’on finit par masquer. C’est enfin celui de la victime, qu’on regrette d’avoir vu trop tôt au vu de la mutilation qu’il va subir, longue et clinique, frontale et méthodique lors de sa décollation chirurgicale.
Cette quête se dédouble dans celle des personnages principaux, le médecin et son assistante. A la recherche du visage parfait, lumineux, jeune et féminin, ils modifient le leur qui porte désormais  le masque de la folie froide.
On pourra reprocher aux personnages secondaires de manquer quelque peu de chair et de substance et au récit sa linéarité.
Dans une photographie très étudiée, un noir et blanc brillant et nocturne, par un travail d’une bande son soignée (notamment par le motif récurrent des aboiements du chenil, annonce tragique de dénouement) le film prend le parti de séquences privilégiant l’image sur le discours. On ne peut s’empêcher d’ailleurs de penser à Psycho, paru la même année, lors de la montée des escaliers de la demeure, lieu tout aussi unique et étouffant.
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Sam 19 Oct - 12:27



C’est avec une émotion et une attente particulière qu’on aborde ce film. Originel, il l’est par bien des aspects. Non seulement, c’est la première version de ce qui est un mythe emblématique du 7è art, mais c’est aussi un des grands récits que le cinéma nous doit de façon totalement originale : écrit pour lui, sans adaptation de modèle littéraire.
Le film est de toute beauté, d’une inventivité extravagante et au pouvoir de fascination intact. Entre les gravures de Jules Verne, l’imaginaire de Doyle et les tableaux de Méliès, on assiste à l’exploration d’un monde perdu qui effraie autant qu’il fascine. Dans un paysage dont la profondeur par couches successives n’est pas sans rappeler les décors de théâtre, l’écran du fond permet l’accès à un autre monde dans de longues scènes sans paroles, hommage ou continuité du récent cinéma muet. La profondeur de champ invite les protagonistes aux merveilles et aux dangers d’une nature sauvage, et l’effroi du spectateur provient de la rencontre entre ces deux mondes.
Car la grande modernité et l’intelligence profonde du film proviennent de ce traitement réservé à l’image. En faisant de l’explorateur excessif (« He’s crazy ». « He’s enthusiastic » se disent deux marins en l’observant) un cinéaste, les réalisateurs proposent une réflexion permanente sur le pouvoir des images et de l’imaginaire. Le réalisateur mégalomane veut mêler du documentaire à sa fiction (ce qui est à l’origine de l’idée du scénario, à savoir l’attaque d’un gorille géant sur la village de Kong en 1925). Ce réel, mystérieux et derrière les murs d’une île inconnue est la promesse d’un accès à ce que le cinéma ne peut créer : en volant des images et en les intégrant à la trame d’un récit, d’inspiration littéraire (la Belle et la Bête), il tient le film parfait. Le réel interdit va bien entendu échapper à son contrôle avec les conséquences que l’on sait. On voit ici la déclaration audacieuse des réalisateurs qui vont recréer, eux la magie inaccessible et interdite au commun des mortels, ode au nouvel art, le 7è, qui met en lumière « the eighth wonder of the world ». La scène de répétition, sur le bateau, de l’actrice devant mimer l’effroi et la fascination, totalement dirigée par le réalisateur, est un très grand moment, anticipant la suite et la fantasmant, tant dans l’esprit de l’esthète que celui du spectateur.
Dans une dernière partie, les perspectives se renversent quand, lâché dans la ville, la bête appréhende ou détruit les symboles de la modernité : métro aérien, salle de spectacle, Empire State Building… avant d’être achevé par la technologie, à savoir la capacité nouvelle de l’homme à voler.
Grand film spectaculaire, ambitieux et mythologique sur le rapport de l’homme aux limites de son réel et à l’émergence d’un nouveau mode d’expression, King Kong est inépuisable.
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Dim 20 Oct - 8:03



You’re crazy. – Does it look cool ?

Il serait assez facile de faire un bonne critique de Bellflower.
Le film nous propulse au sein d’une jeunesse qui boit et tente de créer à son morne quotidien des pics à coups de défis stupides et conduites ordaliques : manger des crickets, finir cul sec le pichet de bière, etc. Une amitié sincère, la découverte de l’amour, et, en leur centre, l’impossibilité de réellement communiquer. Les phrases, à grand renfort de superlatifs insipides (that is the most … I ever heard/done/said in my entire life, awsome et fuck, la sainte trinité des dialogues) sont inachevées, entrecoupées de rires, de gorgées ou de taffes. L’importance, c’est le cool, la pose, la recherche d’un justification de l’attitude décalée. On construit donc un lance-flamme et une voiture pour être prêts à affronter le post apocalyptique de Mad Max.
Dans les premiers jours d’une idylle avec la mangeuse de crickets, tout semble californien et gentiment brisé. La chanson qui accompagne ce sommaire énonce joliment le programme lorsqu’elle murmure dans un folk un peu déglingué : We find truth in all of our losses and we build from we cannot possibly bear to see.

Seulement voilà. La frontière entre les personnages et les créateurs est ténue. Le réalisateur/scénariste/monteur/personnage principal fait d’une certaine manière ce qu’on pensait qu’il dénonçait avec tendresse : de la pose. Les filtres, la caméra à l’épaule qui tremble à outrance, la mise au point convexe, le cambouis qui salit l’écran… Et un récit qui retrouve très vite les rails qu’il prétendait délaisser : ça reste une romance. Avec du fioul, du propane et du sang, certes, mais une romance tout de même.
Tout fier de son label « film fauché et déjanté », le créateur perd tout bon sens en voulant de plus en plus épaissir la sauce, jusqu’à l’impardonnable final en aiguillage uchronique, pseudo audace qui cache surtout mal l’incapacité à choisir une esthétique et un cadre. Entre tragique grand guignol et grotesque et tentative essoufflée de revenir au statisme du début, plus rien ne fonctionne vraiment et la machine est grippée.
Bellflower pourrait être un bon film, si l’on ressemblait plus à ses personnages. Il faudrait être plus jeune, plus impressionnable, et surtout, beaucoup plus naïf pour se laisser emporter.
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davcom
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Dim 20 Oct - 8:23

L'hagiographie de Lemmy Kilmister hier sur ARTE, juste après l'excellent documentaire sur le personnage qui aurait inspiré Charles Dickens pour le personnage de Fagin dans Oliver Twist
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Powderbloom
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Dim 20 Oct - 10:17

@davcom a écrit:
L'hagiographie de Lemmy Kilmister hier sur ARTE, juste après l'excellent documentaire sur le personnage qui aurait inspiré Charles Dickens pour le personnage de Fagin dans Oliver Twist
Ah ba j'espère bien le voir en replay.
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 23 Oct - 7:24



Désolé, Albert, mais quand tu fais des films, on a tendance à être impitoyable avec toi ; pour une raison très simple, c’est que tu as du talent et des idées.
Un pitch comme le tien, une bande annonce comme celle de ton film, c’est très tentant. Kiberlain qui hurle au téléphone « mais c’est IMPOSSIBLEUH », j’adore. Oui, tu joues joliment avec ta caméra dans le plan séquence initial, et celui qui passe d’une lampe de chevet à l’autre pour signifier les ellipses de la durée de lecture du dossier est mignon, même si éculé.
Après, il y a un souci.
Quand on s’ennuie dans un film qui dure 1h22, c’est quand même assez inquiétant. Baisses de rythme, affèteries visuelles sans intérêt ni propos, seconds rôles franchement bâclés (l’avocat bègue et le magistrat qui se prend divers objets sur la tronche, franchement…), gore daté voulant nous refaire le coup de Bernie… tout ça a beaucoup de mal à prendre.
Bon, Kiberlain embellit chaque année, et dans le burlesque, elle est épatante. Tu nous auras au moins révélé ça, mais un court métrage aurait suffi.
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Zwaffle
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 23 Oct - 9:50



bon, que tout le monde se rassure, le chef d'oeuvre annoncé en est bien un

ça fait des années que je guette ce nouveau film d'Alfonso Cuaron (dont le "Children of men" est tout simplement un des voire le meilleur de ces dernières années) et le résultat est définitivement à la hauteur (j'ai presque un peu peur de l'effet "film phénomène" qui s'annonce)

James Cameron a dit que pour lui, c'était le meilleur film de science-fiction de tous les temps (Cuaron a nuancé en disant que bon, y a "2001" quoi... film qu'il n'a d'ailleurs pas voulu revoir pendant le tournage du sien par peur d'être bloqué par la pression du génie de l'autre)

mine de rien, quand on y pense, c'est pas faux, tout simplement parce que c'est clairement le film de science-fiction le plus réaliste qu'on ait pu voir: ENFIN un film qui rappelle dès ses premières secondes un fait qui a échappé à beaucoup d'autres réalisateurs: IL N'Y A PAS DE SON DANS L'ESPACE (Cuaron joue de manière très ironique là-dessus justement sur les premières images)

ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de son dans le film: son seul petit défaut à mon sens est la musique parfois un peu présente, certes elle meuble à bon escient mais force parfois trop le côté dramatique ; ceci mis à part, le fait d'entendre les vrais sons qu'entendent les astronautes a un côté très rafraichissant (on est pas pris pour des cons) et presque inédit quant aux scènes d'actions qui ne donnent pas dans les bêtes explosions tonitruantes

l'histoire en elle-même est simple: une mission de routine qui déconne et des astronautes qui risquent de se voir partir dans le vide de l'espace sans espoir de retour

j'avais un peu peur en voyant les noms des acteurs mais Clooney est égal à lui-même et Bullock peut enfin s'enorgueillir de jouer (ma foi franchement bien) dans un bon film (comme quoi il est jamais trop tard)

je suis pas fana de la 3d (j'ai presque encore mal au nez ce matin à cause de ces fichues lunettes) mais oui ok bon, s'il y a bien un film à voir dans ce format c'est bien celui-ci parce qu'on est vraiment dedans

heureusement tout ne repose pas sur la 3D, le suspense est bien réel et prenant, le scénario aussi simple soit-il est bien foutu (pas de méchantes grosses ficelles) et certaines séquences prennent vraiment aux tripes (je pense avoir rien vu sur grand écran d'aussi impressionnant que la scène avec l'ISS)

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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 23 Oct - 10:05

Comme toujours, je ne te lis pas avant d'être allé le voir... Il me tarde, mais je vais avoir du mal à trouver, là où je suis, une séance à la fois en 3D et en VO !
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Powderbloom
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 23 Oct - 10:25

@Nulladies a écrit:


Désolé, Albert, mais quand tu fais des films, on a tendance à être impitoyable avec toi ; pour une raison très simple, c’est que tu as du talent et des idées.
Un pitch comme le tien, une bande annonce comme celle de ton film, c’est très tentant. Kiberlain qui hurle au téléphone « mais c’est IMPOSSIBLEUH », j’adore. Oui, tu joues joliment avec ta caméra dans le plan séquence initial, et celui qui passe d’une lampe de chevet à l’autre pour signifier les ellipses de la durée de lecture du dossier est mignon, même si éculé.
Après, il y a un souci.
Quand on s’ennuie dans un film qui dure 1h22, c’est quand même assez inquiétant. Baisses de rythme, affèteries visuelles sans intérêt ni propos, seconds rôles franchement bâclés (l’avocat bègue et le magistrat qui se prend divers objets sur la tronche, franchement…), gore daté voulant nous refaire le coup de Bernie… tout ça a beaucoup de mal à prendre.
Bon, Kiberlain embellit chaque année, et dans le burlesque, elle est épatante. Tu nous auras au moins révélé ça, mais un court métrage aurait suffi.
Ahh merde tu viens de me couper les ailes, je pensais y aller demain..
Du coup j'irai peut-être voir le nouveau Buzz l'éclair perdu dans l'espace.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Mer 23 Oct - 10:38

@Powderbloom a écrit:
@Nulladies a écrit:


Désolé, Albert, mais quand tu fais des films, on a tendance à être impitoyable avec toi ; pour une raison très simple, c’est que tu as du talent et des idées.
Un pitch comme le tien, une bande annonce comme celle de ton film, c’est très tentant. Kiberlain qui hurle au téléphone « mais c’est IMPOSSIBLEUH », j’adore. Oui, tu joues joliment avec ta caméra dans le plan séquence initial, et celui qui passe d’une lampe de chevet à l’autre pour signifier les ellipses de la durée de lecture du dossier est mignon, même si éculé.
Après, il y a un souci.
Quand on s’ennuie dans un film qui dure 1h22, c’est quand même assez inquiétant. Baisses de rythme, affèteries visuelles sans intérêt ni propos, seconds rôles franchement bâclés (l’avocat bègue et le magistrat qui se prend divers objets sur la tronche, franchement…), gore daté voulant nous refaire le coup de Bernie… tout ça a beaucoup de mal à prendre.
Bon, Kiberlain embellit chaque année, et dans le burlesque, elle est épatante. Tu nous auras au moins révélé ça, mais un court métrage aurait suffi.
Ahh merde tu viens de me couper les ailes, je pensais y aller demain..
Du coup j'irai peut-être voir le nouveau Buzz l'éclair perdu dans l'espace.
Bon, ça n'engage que moi, hein... J'ai d'ailleurs été impressionné de voir à quel point la critique, à quelques rares exceptions, saute au plafond.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Jeu 24 Oct - 7:18



Film assez mineur dans la carrière des Marx brothers. L’unité de lieu et d’intrigue est plutôt tiède, même si certaines situations occasionnent des dialogues assez savoureux, des répliques saillantes et un burlesque comme seul le trio sait l’orchestrer. Le rythme de l’ensemble est assez inégal, et manque de dynamisme par moments, voire de ce grain de folie qu’on attend de pareils interprètes.
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Nulladies
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MessageSujet: Re: Vu ou Revu (3)   Ven 25 Oct - 9:53



Baumbach est un réalisateur qui installe son univers en douceur depuis Les Berkman se séparent, et ce dans une épure de plus en plus salutaire. Vers le non-événement, la restitution d’un quotidien de la loose. Dans un noir et blanc qui rend hommage au Woody Allen des 70’s, Frances Ha nous prend la main pour une virée dans une vie qui pourrait, un temps, revêtir la trajectoire d’une descente vers la dépossession (de l’amour, du travail, du logement) mais qui nous offre des bifurcations.
C’est Young Adult en bien, en véritablement indé : discussions interminables et dont on perd le fil, errements et théorisations foireuses, private jokes et complicité moqueuse contre un monde auquel on participe tout en prétendant ne pas y adhérer.
Hormis la performance de Greta Gerwig, sublime et mutine, c’est le montage qui contribue le mieux à restituer l’authenticité. Saturé d’ellipses au départ un peu déconcertantes, fondé sur de longues séquences de sommaires, il accumule des séquences entrecoupées et spontanées, coupées, mais qui étonnamment fonctionnent à merveille.
Humour, désillusion, sens du dialogue, un film frais et léger qui donne envie de continuer à vivre.
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