Neilyoung Forumeast

Forum Neil YOUNG francophone
 
AccueilAccueil  PublicationsPublications  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
JUILLET 2017
10 ANS du FORUM

Partagez | 
 

 THE BEATLES REEDITES!

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
AuteurMessage
matthias
William Vieux Jambon.
William Vieux Jambon.
avatar

Nombre de messages : 1149
Date d'inscription : 27/10/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 18:09

@Esther a écrit:
Il se murmure en haut lieu que les remasterisés pourraient sortir en vinyle, à l'unité, y compris les mix mono... Embarassed
Si c'était pas prévu ça... Suspect
Enfin bon, ça ne m'empechera d'en prendre 1 ou 2 Laughing
Revenir en haut Aller en bas
Sherafkey
Ex Admin des Sixties
Ex Admin des Sixties
avatar

Nombre de messages : 3498
Localisation : 07 .ex 33
Date d'inscription : 05/07/2007

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 18:14

@matthias a écrit:
Enfin bon, ça ne m'empechera d'en prendre 1 ou 2 Laughing
Ta de quoi lire les plaques? (oui, je n'ai jamais eu l'occasion de le savoir)

_________________
“A mon avis, c'est ca qui déglingue les gens, de ne pas changer de vie assez souvent.”
― Charles Bukowski
Revenir en haut Aller en bas
matthias
William Vieux Jambon.
William Vieux Jambon.
avatar

Nombre de messages : 1149
Date d'inscription : 27/10/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 18:21

Shakey a écrit:
@matthias a écrit:
Enfin bon, ça ne m'empechera d'en prendre 1 ou 2 Laughing
Ta de quoi lire les plaques? (oui, je n'ai jamais eu l'occasion de le savoir)
Oui, mon père a eu la bonne idée de la garder (contrarement à d'autres Laughing )
Revenir en haut Aller en bas
davcom
Palme d'Or
Palme d'Or
avatar

Nombre de messages : 9285
Age : 48
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 28/06/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 18:39

non mais dites donc les gamins la Laughing
Revenir en haut Aller en bas
matthias
William Vieux Jambon.
William Vieux Jambon.
avatar

Nombre de messages : 1149
Date d'inscription : 27/10/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 18:43

@davcom a écrit:
non mais dites donc les gamins la Laughing
Laughing
Enfin bon, je rigole mais des vinyles j'en est que 4.
Revenir en haut Aller en bas
nyzwok
Topanga Computer ©
Topanga Computer ©
avatar

Nombre de messages : 16997
Age : 46
Localisation : dans mon pot de rillettes.
Date d'inscription : 07/05/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 20:47

j'en ai encore une bonne cinquantaine plus pas mal de 45T(dont ceux des beatles)qui étaient à mon pater.

_________________
We love to talk on things we don't know about.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 14 Fév - 20:53

@matthias a écrit:
@Esther a écrit:
Il se murmure en haut lieu que les remasterisés pourraient sortir en vinyle, à l'unité, y compris les mix mono... Embarassed
Si c'était pas prévu ça... Suspect
Enfin bon, ça ne m'empechera d'en prendre 1 ou 2 Laughing

Pas à ma connaissance... En mono en tout cas.
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Mer 10 Mar - 14:30

Nous y voilà. Le disque le plus bancal du groupe ? Non, enfin, pas tout à fait. Malgré tout, ce n’est pas non plus le plus homogène.

Réalisé un peu par-dessus la jambe, fait de bouts de chansons, fait de tout, et parfois de rien, « Help ! » est probablement le plus mal réalisé, le plus bancal, et le moins intéressant de tous les albums des Beatles (mis à part Yellow Submarine, mais peut-on vraiment parler d’un disque des Beatles…)

Pourtant, prises une par une, certaines chansons de l’album sont très bonnes. A l’image du « Help ! » d’introduction. Lennon dira plus tard qu’il s’agissait d’une des chansons qu’il aimait le moins. Pourtant, elle possède toutes les qualités des chansons du groupe de l’époque. Bonne accroche, bon refrain, mélodie carrée… Et pour la première fois, les textes prennent de l’envergure. Lennon avouera que cette chanson était un véritable appel à l’aide, ressentant à ce moment, le besoin d’être épaulé, dans un monde où il faisait parti du centre de l’univers (on est là en plein cœur de la Beatlemania) tout en se sentant profondément seul. Le groupe remplit alors des Stades, en se faisant des précurseurs du genre, même si les installations sonores n’étaient pas vraiment faites pour çà.

La B.O. du film (encore plus mauvais et inutile que « Hard day’s night » qui comportait ses bons moments) enfile les titres, mais semble manquer singulièrement d’homogénéité. « The night before » et ses chœurs un peu vieillots, « Another Girl » particulièrement anecdotique, le country et un peu ringard « Act Naturally » qui aurait pu trouver sa place sur « Beatles For Sale », chanté par un Ringo Starr décidemment pas taillé pour jouer les chanteurs, et quelques autres font de ce disque un document fatigué sur une période charnière du groupe. En effet, c’est à cette époque que le groupe commence à réfléchir sur leur position, sur leur musique, et sur leur notoriété, de plus en plus envahissante.

Heureusement, il y a d’autres choses nettement meilleures qui sauvent les meubles. A commencer par le fabuleux « Ticket To Ride », avec en toile de fond, une référence à la défonce. Car les gentils garçons ne le sont plus vraiment. Ils commencent à se droguer, et de façon assez colossale. Pour le moment, il ne s’agit que de fumette, mais en quantité suffisante pour être cramés la moitié du temps. Le riff saccadé du morceau lui donne une couleur particulière, et le pont, avançant à grande vitesse, appuie sur le côté voyage du titre. Lennon a toujours été fier de cette chanson, particulièrement réussie.



Au rayon des réussites, on trouve également « I’ve just seen a Face » et son intro à la guitare sèche qui ne manque jamais de me bouleverser, et le mélancolique « You’ve got to hide your love away », avec un solo final, d’une douceur réconfortante. « I need You », avec Harrison aux commandes passe plutôt bien le cap, et « Dizzy Miss Lizzy » qui vient clore le chapitre, rappelle étrangement « Twist and Shout ». D’ailleurs, l’impression qui se dégage de ce disque, c’est une sensation de résumé. Les Beatles auraient voulu résumer le début de leur carrière, ils ne s’y seraient pas pris autrement. On retrouve un peu toutes les premières périodes du groupe, « Dizzy Miss Lizzy », rappelle donc le premier opus, plusieurs titres auraient trouvé leur place sur « Beatles For Sale », quant à « Help ! », il pourrait passer pour un frère (tout de même pas jumeau) de « Hard day’s night ». Reste donc « Ticket To Ride » qui annonce clairement la suite que sera « Rubber Soul ».

Et puis, il y a… « Yesterday ». La chanson. Le gros truc. Au sein de la carrière des Beatles, il s’agit d’une banale chanson, parmi les autres. Moins bonnes que pas mal d’autres d’ailleurs. Macca verse dans le sentimentalisme comme il sait parfois un peu trop bien le faire. Mais voilà, cette chanson va être une des chansons les plus reprises au monde. Des milliers d’adaptations, pour un truc qui échappe totalement à son créateur.
La légende raconte que le gars Paul s’est réveillé un matin avec cet air là dans la tête, et après avoir retrouvé les accords, demanda à tout le monde de qui était cette chanson, persuadé qu’il était que ce titre existait déjà. Lorsqu’il l’a joua au groupe, il demande ce qu’ils pouvaient en faire, et les autres lui ont simplement répondu qu’elle était bien telle qu’elle était. L’idée d’un quatuor viendra de Georges Martin un peu plus tard. Il fût un temps évoqué de la sortir comme un disque solo, ce que Mc Cartney refusa catégoriquement, et elle fût signée avec Lennon, comme toutes les autres.



Franchement gnangnan, elle est sans doute l’une des plus surestimée du groupe, et pourtant…. Cà fonctionne, qu’on le veuille ou non. A chaque fois qu’elle passe, je ne peux m’empêcher de la fredonner. Peut-être suis-je un peu gnangnan…

Concernant les versions, je suis cette fois catégorique, aussi étonnant que cela puisse paraître, mais la version mono ne vaut pas tripetttes. Il suffit d’écouter « Help ! » qui redouble d’énergie avec le mix stéréo pour comprendre que le disque ne possède aucune dynamique en Mono lors des morceaux nerveux, et aucune finesse lors des morceaux plus doux.



Il y eut deux versions du disque. La version européenne présentait le disque comme un nouvel album des Beatles, alors que la version américaine, parue chez Capitol, présentait le disque comme la Bande Originale du film, au point que le score du film est présenté. D’un intérêt très limité, il propose de petites vignettes instrumentales qui, à mon avis, ne doivent être possédées (je n’ai même pas dit « écoutées ») que par des fondus de mon genre.

Bref, un album qui a le cul entre deux chaises. Et à quatre sur deux chaises, forcément, on finit par se gêner.
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Jeu 18 Mar - 11:18

THE BEATLES - Rubber Soul (1965)

Autant vous l’avouer dès le départ, à partir de ce disque, je perds toute forme d’objectivité. « Rubber Soul » est à mon sens, le point de départ de la seconde partie de leur carrière. Bien entendu, il n’a pas l’envergure de « Revolver », mais on sent bien que quelque chose est en marche. Ici, ce n’est pas encore du point de vue des expérimentations que cela se joue, mais au niveau des compositions. En effet, celles-ci sont nettement plus abouties. Terminés, ou presque, les refrains accrocheurs dès la première note. « Drive my car », et son piano électrique donnent d’entrée le la. La voix de Mc cartney possède un grain nouveau, plus chaud, plus éraillé donnant à la chanson une teinte Soul inédite.

A l’époque, les Beatles sont adeptes de la fumette. La pochette d’ailleurs, les montre à moitié défoncés, la déformation des visage accentuant cette impression. C’est Harrison qui va, le premier, s’intéresser à l’Inde, par le biais de la musique. Il va un jour débouler dans les studios avec un sitar. Il a découvert l’instrument sur le tournage de « Help ! », mais aussi, et surtout, à l’écoute des disques de Ravi Shankar, le Jimi Hendrix du sitar. A l’époque, il sait à peine en jouer (il ne deviendra d’ailleurs jamais un grand joueur de sitar), mais ils décideront de l’intégrer au délicat « Nowergian Wood » de Lennon (la première fois de l’histoire de la Pop). Magnifique chanson où Lennon parle à demi-mots d’une relation extraconjugale. Avec cet album, une autre chose est en train d’évoluer : les textes. Terminées les histoires d’amour simplettes, la plupart du temps, les auteurs parlent d’eux, de drogue, de sexe, de leurs guerres intestines ou d’histoires imaginaires souvent tordues.



« Nowhere man », à nouveau très réussie, a été créée par Lennon un jour de déprime. Se sentant mal dans sa peau, et en panne d’inspiration, il avait l’impression d’être nulle part, et que tout cela ne menait à rien. Une fois de plus, les Beatles font preuve d’une science assez désarmante pour créer des chœurs aux couleurs différentes.

Sur ce disque, d’une manière générale, j’ai toujours pensé que Lennon s’en tirait bien mieux que les autres. Ses chansons sont, pour la plupart plus intéressantes. « Girl » est sans doute sa plus grande réussite. Histoire d’amour qui vire au cauchemar, où Lennon pousse des soupirs évocateurs, avec en toile de fond, les autres qui chantent « Tit tit tit… (nichon, nichon, nichon…). Ils ne sont plus les adolescents qu’ils étaient encore il y a quelques mois.

Le festival Lennon ne s’arrête pas là. « In my life », tout à fait splendide, parle à nouveau de Lennon (à l’avenir, la plupart des chansons de Lennon parleront de lui, d’une manière ou d’une autre…) et de son regard sur son passé, alors qu’il n’a alors que 25 ans. Le solo de piano joué par George Martin est en fait réalisé sur un playback joué à une vitesse réduite, Martin ne pouvant jouer ce passage baroque façon Bach à vitesse normale. Une fois la bande repassée à la bonne vitesse, le son du piano sonnera comme un clavecin, ce qui accentue l’impression.



Sorti des cartons de « Help ! », « Wait » est l’une des collaborations les plus étroites entre Mc Cartney et Lennon, à tel point qu’ils chantent dessus à part égale. Depuis longtemps, chacun chante son titre, mais il n’est pas rare que l’un ou l’autre vienne intégrer un passage.

Les points faibles du disque sont une fois de plus à mettre sur le dos de Ringo Starr et son faussement country « What goes on » et Harrison qui fait pourtant preuve d’un talent émergeant. Si « Think For Yourself » n’est vraiment pas terrible, « If I needed Someone” est en revanche assez réussie, bien qu’ayant un métro de retard. En effet, le riff d’intro, et la construction du titre rappellent étrangement l’époque de « Help ! » alors que les deux autres compères ont déjà passé un pallier supplémentaire.

Mc Cartney, quant à lui, se fait plus discret sur ce disque pourtant majeur. Sa contribution la plus célèbre sur ce disque reste « Michelle », sorte de miroir de « Yesterday » n’est pas la meilleure chanson de l’album, mais ne vaut pas d’être aussi décriée qu’elle a pu l’être. Créée pour parodier un étudiant français qui jouait les compositeurs, elle parle en fait de la femme de…. Richard Anthony, à qui la chanson fût d’ailleurs proposée, mais qui déclinera la proposition. Si elle est principalement l’œuvre de Mc Cartney, Lennon apportera une touche bluesy (selon ses dires..) sur le pont directement inspiré par la reprise ne Nina Simone de « I put a Spell on You ».

La production de l’album est particulièrement soignée et sur chacun des titres, les instruments se détachent de mieux en mieux. Ce qui permet de se rendre compte de la complexité de certaines parties.

La remasterisation, à ce titre, impressionne. En effet, chaque instrument sonne particulièrement bien. Mais là encore, la version Mono emporte le morceau. Pas forcément en terme de qualité car les deux versions sont réellement réussies. Mais une fois que l’on a goûté au Mono, il devient difficile d’écouter la version Stéréo, où les instruments sont déséquilibrés (basse, batterie d’un côté, voix de l’autre…), alors que la Mono rend les choses homogènes.

La version sortie chez Capitol ne présente pas d’attrait particulier, si ce n’est, comme toujours, une tracklist légèrement différente, et ce pour la dernière fois de leur carrière. En effet, à partir de revolver, leurs disques sortiront mondialement de façon uniforme.
Revenir en haut Aller en bas
Zwaffle
Boucles d'or
Boucles d'or
avatar

Nombre de messages : 3533
Age : 40
Localisation : Paris
Date d'inscription : 07/07/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Jeu 18 Mar - 11:46

des chroniques toujours aussi plaisantes à lire, merci m'sieur!
Revenir en haut Aller en bas
http://www.mondegreen.fr
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Jeu 18 Mar - 12:02

Embarassed

Merci.
Revenir en haut Aller en bas
Zwaffle
Boucles d'or
Boucles d'or
avatar

Nombre de messages : 3533
Age : 40
Localisation : Paris
Date d'inscription : 07/07/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Jeu 18 Mar - 12:16

@Esther a écrit:
THE BEATLES - Rubber Soul (1965)


Sur ce disque, d’une manière générale, j’ai toujours pensé que Lennon s’en tirait bien mieux que les autres.

(...)

Mc Cartney, quant à lui, se fait plus discret sur ce disque pourtant majeur.

c'est marrant, j'avais jamais fait attention à ça, pour moi McCartney est très présent sur le disque mais c'est vrai qu'au niveau "nombre de classiques", Lennon l'emporte

(enfin les 2 plus gros tubes du disques restent quand même 2 titres de McCartney: "drive my car" et "michelle")

en fait, ça reste bien équiilbré
Revenir en haut Aller en bas
http://www.mondegreen.fr
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Mer 31 Mar - 14:25

THE BEATLES – Revolver (1966)

Nous y voilà. Le premier gros morceau. La véritable page qui se tourne. Pour des dizaines de raisons différentes. La première (mais pas la plus importante…) est qu’à l’issue de ce disque, les Beatles mettront fin aux tournées. Ils sont alors contraints de reconnaître que la complexité technique de la plupart des titres rend l’exécution Live impossible. Ajoutée à cela une envie viscérale d’arrêter les concerts. Trop de temps passé sur les routes, devant des milliers de personnes qui, visiblement, n’écoutent plus la musique. Ils ont instauré les concerts en Stade, mais ils s’en lasseront vite. Par ailleurs, ils préfèrent de loin s’amuser en studio. Enfin, pour le moment…

Le livre de Geoff Emerick est particulièrement passionnant concernant l’enregistrement de « Revolver ». Il a 19 ans, et vient d’être propulsé ingénieur du son des « Beatles ». Une pression énorme, mais un challenge qu’il va largement relever. Et ce, dès les premières heures.

L’enregistrement débute sur « Tomorrow Never Knows » et dès cet instant, la musique des Beatles n’est plus la même, les idées fusent, les drogues aussi. Finie l’herbe, bonjour l’acide. On a toujours vu les Fab Four comme un groupe gentillet, et pourtant, à cette époque, ils sont défoncés pour ainsi dire toute la journée. Ils sont également devenus tellement énormes qu’ils peuvent désormais tout se permettre dans des studios pourtant très réglementés. Plus de planning pour eux. Ils ont carte blanche au niveau du temps. Mais pour ce qui est du matériel, les règles sont censées être respectées à la lettre, mais Emerick et Martin ne vont pas se gêner pour tenter ce qu’ils ont en tête et ce que le groupe demande.



« Taxman » ouvre l’album. Et de quelle manière ! Aucune chanson d’Harrison n’avait été jusqu’ici aussi bonne. A tel point qu’elle est placée en première position, ce qui n’est pas rien, et ce qui prouve que Lennon et Mc Cartney avaient conscience de la qualité de la chanson. Car à l’époque, le groupe fait encore pot commun. Le but, c’est d’avancer ensemble. La plupart des créations seront d’ailleurs des œuvres collectives de Lennon et Mc Cartney, l’un amenant la trame et l’autre se chargeant d’y apporter ses idées. Harrison, du temps des Beatles, a toujours été le plus vénal, et ne s’en est jamais caché. Comme on peut s’en douter, la chanson parle de son rapport avec les taxes. A l’époque, il est simplement effaré de voir à quel point il est taxé par le gouvernement. Il y parle notamment du premier Ministre de l’époque. La chanson vous rentre dedans et vous bouscule d’entrée de jeu et nous pouvons dés maintenant parler des qualités de la version Mono. Le mix stéréo posait l’habituel problème de la balance. Une fois recentrés, les instruments font corps d’une façon assez incroyable, et vous colle une claque monumentale. Ce n’est plus le même disque. La basse de Mc Cartney, trop souvent sous estimée prend là des couleurs fabuleuses, et l’on se rend alors compte qu’il écrivait, la plupart du temps, une partie de basse cohérente avec le reste des instruments mais qui existait aussi en tant que partie bien à part. Il joue rarement deux fois le même gimmick sur un même morceau, notamment sur le deuxième couplet où il fait groover sa basse de sorte que le morceau rebondit littéralement. La remasterisation se charge de faire ressortir chaque instrument de manière claire, notamment la cloche de Ringo qui avait un peu disparu, que ce soit en Stéréo ou en mono.

« Eleanor Rigby » et son quatuor possède elle aussi une nouvelle couleur, plus directe et moins étouffée, et le refrain retrouve sa « chambre d’écho ». Le texte qui relate, en gros, l’histoire d’une vieille fille faisant le ménage dans une église après les cérémonies, va s’avéra une affaire très collective, chacun des membres apportant des idées (même Ringo). Le prénom fût choisi en liant le prénom de l’actrice Eleanor Bron et d’un négociant en vin, près de chez Mc Cartney. Ceci dit, bien des années plus tard, Mc Cartney découvrit une tombe portant le nom complet de son héroïne, à nouveau près de chez lui, et finit par penser qu’il s’en était plus ou moins inspiré inconsciemment. Les cordes furent enregistrées en posant les micros le plus près possible de celles-ci, ce qui donne cette attaque si agressive. La légende raconte même que les musiciens reculaient discrètement leur siège à mesure qu’Emerick approchait les micros, n’appréciant guère d’être captés d’aussi près. Un morceau tout bonnement magnifique.

« I’m only Spleeping » est une chanson sur la paresse, entièrement écrite par Lennon. Cette chanson a une histoire particulière. Quelques jours avant son enregistrement, le groupe travaille sur « Rain », la face B de « Paperback Writer ». Rentrant chez lui avec la bande, Lennon déclenche, par erreur, la bande à l’envers. Il revient le lendemain, totalement enthousiaste, avec son idée sous le bras, et c’est ainsi que la fin du titre va être jouée en partie à l’envers. Du coup, les Beatles vont multiplier les expériences de ce type sur presque tous les titres (pas forcément gardées). C’est ainsi qu’apparaît l’idée de jouer un solo à l’envers sur ce titre très réussi. Après de nombreuses tentatives, Harrison finit donc par coller un solo qui se marie parfaitement à la chanson.

« Love To You » m’est toujours apparu comme le point négatif du disque. D’abord parce que je ne suis pas un fondu de musique indienne, mais aussi parce que je ne trouvais pas le titre particulièrement réussi. Puis, avec le temps, je m’y suis fait. Il apparaît aujourd’hui comme le plus réussi des trois titres du genre que Harrison composera pour le groupe. Un joueur de tabla sera engagé pour l’occasion, Harrison se chargeant du sitar et de la guitare et Ringo Starr du tambourin.

« Here There and everywhere » est à mon sens la chanson qui a le moins bien vieilli. D’une structure plus classique, elle se démarque des autres grâce à ses chœurs que j’ai parfois tendance à trouver un peu trop appuyés. Elle n’en reste pas moins une bonne chanson et reste une des chansons préférées de Mc Cartney et d’Emerick (la version anglaise de son bouquin reprend ce titre…). Il l’a écrite après avoir été impressionné par les harmonies vocales de « Pet Sounds » des Beach boys et parle de sa relation avec l’actrice Jane Asher.

La chanson qui fait polémique sur ce disque, comme toujours ou presque, est celle de Ringo Starr. « Yellow Submarine ». Qu’est-ce qu’on a pu entendre sur cette chanson. Indigne des beatles, débile, etc… S’il est exact de dire que ce n’est pas la meilleure du disque, loin de là, il faut prendre en compte le contexte de sa création. Mc Cartney et Lennon l’ont écrite (aidé sur quelques vers par Donovan) comme une chanson pour les enfants. Mc Cartney l’a créée pour Starr, ce qui explique la mélodie assez simple (Starr étant très limité vocalement, de son propre aveu…) Enregistrée sans la présence de Martin, la session se transforme vite en délire, les idées les plus farfelues étant tentées. Lennon voulant même enregistrer sa voix dans un aquarium pour restituer au mieux le milieu aqueux. Si l’idée n’est pas réalisable, ils vont tout de même tenter d’enregistrer la voix à travers un micro plongé dans une bouteille remplie d’eau, mais n’obtenant rien de concluant, l’idée sera finalement abandonnée. Sur ce titre, on peut entendre Brian Jones, Marianne Faithfull, et quelques membres de l’équipe du groupe faisant des choses toutes plus barrées les unes que les autres. La session se terminant dans un fou rire général.

« She Said she said » est la dernière chanson enregistrée par le groupe lors de ces sessions qui dureront trois mois. Particulièrement accrocheuse sur le riff de guitare, elle possède une rythmique très particulière et très saccadée. La version mono du disque fait disparaître et ré-apparaître la batterie de façon assez surprenante. Mc Cartney ne joue, paraît-il, pas une seule note sur ce titre. Suite à une engueulade, il quitte les studios, le groupe se débrouille donc sans lui, Harisson tenant la basse (cela s’entend tout de même, la partie basse étant l’une des moins intéressante du disque…)
La suite du disque ne s’avère pas moins intéressante, même si « Good day Sunshine » n’a pas un intérêt particulier. Bonne chanson, mais sans attrait particulier, si ce n’est ce « She fuckin’ does » placé discrètement par Starr à la fin d’un vers. Aujourd’hui, cela paraît plutôt banal, mais à l’époque, c’était encore très irrévérencieux.

« And your bird can sing » suit la même lignée, si ce n’est un son légèrement saturé qui, une fois de plus, se voit littéralement explosé par la version mono qui ajoute un attrait supplémentaire à cette chanson relativement anecdotique, mis à part un texte plutôt bordélique.

Arrive ensuite « For no one », l’une des plus belles chansons de Mc Cartney, toutes périodes confondues. Le solo de Cor, qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe, mais qui, finalement, se mêle finalement parfaitement à la chanson est joué par un certain Alan Civil, considéré, à l’époque, comme une pointure. S’il n’a l’air de rien, le solo a toujours été considéré comme une performance car il contient une note très aigüe, réputé comme injouable par cet instrument.

« Doctor Robert » et sa rythmique accrocheuse n’ont rien de particulièrement originales, et d’une certaine façon, rappellent même certains titres de « Rubber Soul ». Pourtant, le pont, et ses harmonies vocales en escalier, donnent une couleur particulière qui en font malgré tout une réussite. Le fameux docteur dont parle Lennon était réputé, à New-York, pour faire des ordonnances généreuses en produits illicites. Lennon tourne l’affaire sur le ton de la rigolade en parlant d’un toubib toujours serviable et toujours près à faire plaisir.

« I want to tell you » est le troisième titre de Harrison. Sur un simple LP, ce sera la seule fois où il parviendra à en placer autant. Il faut dire qu’une fois de plus, elle soutient la comparaison avec ses collègues, ce qui n’était pas nécessairement le cas jusque là. Un riff plutôt bien mené, des paroles intéressantes qui parlent de la difficulté à s’exprimer justement.

« Got to get you into my life » (reprises plus tard par notre Jojo national…) se veut un morceau Soul ! Des cuivres puissants et très aigües, façon Stax et Motown, et un rythme qui « balance bien ». Ce morceau est une preuve de l’entente collective qui règne à l’époque. L’histoire raconte que, sur la fin du titre, lors de la prise voix de Mc Cartney qui s’arrachait littéralement les cordes vocales pour sonner le plus « Soul » possible, Lennon a bondit littéralement dans la cabine d’enregistrement pour encourager Mc Cartney à pousser encore plus loin sa voix ; Le groupe est une entité, il va dans la même direction !

L’histoire de « Revolver » pourrait presque se réduire à cette chanson. « Tomorrow never knows ». Tout y est. Et dès le départ. Placée à la fin, elle a pourtant été enregistrée en premier. Plus de quarante ans après, on peine encore a prendre conscience de l’importance de ce titre dans la musique actuelle. En premier lieu, la rythmique. La batterie saccadée de Ringo Starr sera étouffée en plaçant un vêtement dans la grosse caisse (une nouveauté qui deviendra vite une norme en studio…), et les micros seront placés une nouvelle fois au plus près de l’instrument, alors qua la saturation sera rectifiée sur console.
La voix de Lennon va être filtrée par le haut-parleur d’un orgue Hammond suivant une idée d’Emerick (toujours lui !), Lennon ayant d’abord pensé à se suspendre à une corde et tournoyer autour du micro (idée qu’il n’abandonnera pas et qu’il voudra retenter lors des sessions de Peppers…). Le titre est sans doute le plus gros travail collectif du groupe, mais aussi des ingénieurs / producteurs. Le morceau est également révolutionnaire dans sa construction, puisqu’il est basé sur un seul accord (le Do), rendant un effet entêtant. Les solos sont inversés. Pour l’occasion, est également inventé l’ « Automatic Double Tracking » qui consiste à recopier une piste et en la décalant de quelques millième de secondes, ce qui donne une ampleur exceptionnelle à la piste doublée. Par la même occasion, on s’aperçoit qu’en variant la vitesse de cette double piste, on obtient ce que l’on appellera ensuite un effet de « phasing », sorte de son tourbillonnant.
Enfin, Mc Cartney (mais aussi Lennon, mais dans une moindre mesure à l’époque) s’intéressant aux musiques d’avant-garde a l’idée de placer des boucles de toutes sortes. Chacun repart avec des bandes et travaille dans son coin. Les idées fusent à nouveau et tout le monde revient avec une idée. Harrison va créer la boucle d’introduction du tabla, les autres ayant créé des boucles avec des verres, des guitares et autres, donnant des résultats surprenants comme ce bruit de mouettes au début du titre.
Le texte quant à lui est alambiqué, soi-disant inspiré du « Livre des Morts » que Lennon n’a jamais lu, et se veut relativement philosophique, amenant une sorte de réflexion sur le « moi intérieur ».

Encore aujourd’hui, ce titre inspire largement certains groupes pop mais son influence s’étend également à la musique électronique par exemple.

L’improvisation liée au mixage rend aujourd’hui la reproduction de ce morceau totalement impossible.



Bref, de tous les titres des Beatles, il s’agit sans doute du plus révolutionnaire. Certes, il doit beaucoup à l’apport de George Martin et Geoff Emerick, mais il ne faut tout de même pas occulter le besoin viscéral de chercher, de fouiller et de sans cesse se renouveler de la paire Lennon / Mc Cartney.

Les versions remasterisées sont véritablement époustouflantes, et plus encore, comme je l’évoquais plus haut, la version Mono qui apporte une puissance incroyable à ce disque qui sonne encore aujourd’hui comme un sommet de modernité pop. Dans le genre, je connais peu de disques, même actuels (surtout actuels ?) capables de rivaliser, par la diversité de ses ambiances, par la perfection de ses mélodies et par les inventions techniques et d’arrangements. Un disque magique, fondamental et grandiose. Ils se sont émancipés de leur image proprette, et se sont émancipés de leur costume de trousseurs de simples chansons pop pour émouvoir les filles. Bref, ils ont mûri. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

Je pourrais passer des heures à écouter, à décortiquer ce disque, à écrire et à extrapoler à son sujet tant il me passionne. Ce disque figure allégrement parmi mon top 3 des Beatles, et me semble être l’un des plus importants de leur discographie, sur bien des points. Il me semble également être l’un des plus importants de l’histoire de la pop et de la musique moderne. Novateur jusque dans sa pochette (jusque là, on présentait les groupes avec de simples photos, c’est alors la première pochette qui puisse être considéré comme du pop art, réalisée par Klaus Voormann, un ancien membre d’une des premières moutures du groupe…)

Contrairement à ce que j’ai affirmé, il y a eu une version américaine qui diffère légèrement de la version Européenne puisqu’amputée de trois titres, déjà parus sur l’album américain « Yesterday… and Today »



A l’inverse de « Peppers », d’ « Abbey Road », ou du « White », c’est un album que j’ai découvert seul et qui s’ouvre chaque fois un peu plus. Il fait parti de ces disques que je ne me lasse jamais d’écouter tant j’y trouve la symbiose même de ce que j’aime en musique, les mélodies, les recherches, l’aventure, la production fouillée, mais parfaitement maîtrisée… Un Chef d’œuvre, tout simplement.
Revenir en haut Aller en bas
Zwaffle
Boucles d'or
Boucles d'or
avatar

Nombre de messages : 3533
Age : 40
Localisation : Paris
Date d'inscription : 07/07/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 4 Avr - 22:27

amen!
Revenir en haut Aller en bas
http://www.mondegreen.fr
Invité
Invité



MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:32

je sais pas si ça vaut vraiment le coups ces versions remasterisées .... tout les petits défauts font partis de la chansons, ils forgent son âme (selon moi).
regardez moon in june de soft machine version Peel Sessions, a 1min30 on entend un bruit parasite, surement un micro qui cogne ou un truc du genre, on pourrait se dire "cela gâche une partie de la chanson, c'est un bruit parasite etc mais pour moi cà fait parti de la chanson, et il n'est pas nécessaire de l'effacer. je suis aussi contre les traficotages d'albums lives, où les mauvaises notes sautent, ainsi que les effets larsen, le bruit les projos qui pètent ... telle est ma philosophie.
Revenir en haut Aller en bas
Sherafkey
Ex Admin des Sixties
Ex Admin des Sixties
avatar

Nombre de messages : 3498
Localisation : 07 .ex 33
Date d'inscription : 05/07/2007

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:34

Oui mais la c'est du Studio, alors que les Peel Session, c'est du live.

_________________
“A mon avis, c'est ca qui déglingue les gens, de ne pas changer de vie assez souvent.”
― Charles Bukowski
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:40

FlamingUFO a écrit:
je sais pas si ça vaut vraiment le coups ces versions remasterisées .... tout les petits défauts font partis de la chansons, ils forgent son âme (selon moi).
regardez moon in june de soft machine version Peel Sessions, a 1min30 on entend un bruit parasite, surement un micro qui cogne ou un truc du genre, on pourrait se dire "cela gâche une partie de la chanson, c'est un bruit parasite etc mais pour moi cà fait parti de la chanson, et il n'est pas nécessaire de l'effacer. je suis aussi contre les traficotages d'albums lives, où les mauvaises notes sautent, ainsi que les effets larsen, le bruit les projos qui pètent ... telle est ma philosophie.

Ta philiosophie mélange tout. Là, on parle de nettoyer des bandes studio pour faire apparaître ce qui était caché par une mauvaise numérisation.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:43

@Esther a écrit:

Ta philiosophie mélange tout.

tous les philosophes mélangent tout de toute façon ....

enfin bref je préfère quand sa grésille ... il est normal qu'un album sorti dans les années 60 soit de moins bonne qualité ... attention a ne pas dénaturer les enregistrement quoi ...
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:46

FlamingUFO a écrit:
@Esther a écrit:

Ta philiosophie mélange tout.

tous les philosophes mélangent tout de toute façon ....

enfin bref je préfère quand sa grésille ... il est normal qu'un album sorti dans les années 60 soit de moins bonne qualité ... attention a ne pas dénaturer les enregistrement quoi ...

Disons que c'est comme un meuble. Si il prend trop la poussière, on ne voit plus le meuble. Pour avoir écouté des centaines de fois chcun des albums, sous toutes les formes, LP, CD, remasterisés stéréo et mono, je peux te dire que les nouvelles éditions ne dénaturent rien, au contraire...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 18:49

bon on est quand même moins en désaccord que d'habitude Razz
Revenir en haut Aller en bas
nyzwok
Topanga Computer ©
Topanga Computer ©
avatar

Nombre de messages : 16997
Age : 46
Localisation : dans mon pot de rillettes.
Date d'inscription : 07/05/2009

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 19:00

et puis si la technologie l'avait permis a l'époque ils auraient surement préféré épousseter avant l'enregistrement!

_________________
We love to talk on things we don't know about.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
lalou
Gérard Klein local.
Gérard Klein local.
avatar

Nombre de messages : 5868
Age : 47
Localisation : mother earth
Date d'inscription : 03/03/2010

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 21:51

A l'écoute, un vinyle reste un vinyle; mes Sergent Pepper et Album Blanc (j'ai que ces 2) sont un plaisir à écouter et plus ça craque plus c'est bon!
Un CD, DVD ou tout autre support numérique, c'est différent. Là on attend plus de pureté! Donc bonne initiative ces rééditions.

N'empêche que les maisons de disques doivent bien se sucrer avec elles...
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 22:35

@lalou a écrit:
A l'écoute, un vinyle reste un vinyle; mes Sergent Pepper et Album Blanc (j'ai que ces 2) sont un plaisir à écouter et plus ça craque plus c'est bon!
Un CD, DVD ou tout autre support numérique, c'est différent. Là on attend plus de pureté! Donc bonne initiative ces rééditions.

N'empêche que les maisons de disques doivent bien se sucrer avec elles...
+1 pour l'ensemble du post.
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Dim 15 Aoû - 22:45

@Esther a écrit:
@lalou a écrit:
A l'écoute, un vinyle reste un vinyle; mes Sergent Pepper et Album Blanc (j'ai que ces 2) sont un plaisir à écouter et plus ça craque plus c'est bon!
Un CD, DVD ou tout autre support numérique, c'est différent. Là on attend plus de pureté! Donc bonne initiative ces rééditions.

N'empêche que les maisons de disques doivent bien se sucrer avec elles...
+1 pour l'ensemble du post.

J'ajoute que Abbey Road en vinyle sonne vraiment d'enfer. (c'est un original, car les rééditions de 1976 perdent déjà de leur éclat... pour sombre totalement en 87...)
Revenir en haut Aller en bas
Esther
Charly O'leg
Charly O'leg
avatar

Nombre de messages : 8293
Age : 43
Date d'inscription : 15/07/2008

MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   Mer 25 Aoû - 10:26

THE BEATLES - Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967)

Lorsque Lennon est entré dans le studio ce soir là, il était armé d’une simple guitare et d’un bout de texte. La première séance du nouvel album débute sur une chanson qui ne figurera pas sur l’album. Mais ça, pour le moment, personne ne le sait. Il entame sa chanson et en quelques secondes à peine, laisse tout le monde pantois. Seul Mc Cartney réussira à dire simplement : « C’est magnifique ». Depuis toujours les sessions d’enregistrement d’un nouvel album débutent par une chanson de Lennon. Il vient d’interpréter « Strawberry Fields Forever » qui sera finalement choisie pour être le nouveau single du groupe. Le premier à ne pas se classer numéro 1. Impensable. Plus de quarante ans plus tard, personne n’a encore véritablement fait le tour de ce monument pop. Ce morceau va demander au groupe des heures entières de travail sans interruption, Lennon remettant sans cesse en doute ses propres choix et demandant des choses de plus en plus impossibles à Emerick et à Martin. Les deux bonhommes, à des niveaux évidemment différents vont permettre à Lennon de mettre au monde l’une de ses plus belles chansons qu’il ne parviendra jamais à égaler.

« Sgt Peppers » est sans doute l’album le plus controversé du groupe (avec le White peut-être ?). Véritable escroquerie ou faux chef d’œuvre ? Monument pop ou démesure rock ? A mon sens, il est un peu tout cela à la fois. L’album comporte son lot de morceaux rock, comme son lot de morceaux pop. Mais il comporte aussi son lot de ratages.


Ce qui m’a toujours amusé, c’est que Lennon était considéré par beaucoup comme le rebelle du groupe, et c’était, la plupart du temps, exact. Pourtant, à l’époque, il considérait certaines des chansons de Mc Cartney comme moyennes, mais il ne les refusait pas pour autant. Il y avait plusieurs raisons à cela. D’abord parce qu’il connaissait leur potentiel commercial, et comme les trois autres, Lennon aimait l’argent. Ensuite, il n’avait pas toujours mieux à proposer. Il dira de « Peppers » quelques années plus tard qu’il s’agit de leur plus mauvais disque, mais il y participera énormément, même si c’est Mc Cartney qui porte le projet à bout de bras. Il suffit de comptabiliser le nombre de chansons pour s’en rendre compte. Par ailleurs, l’idée du « concept », certes abandonné au bout de deux chansons est de Mc Cartney. C’est également Paulo qui va le plus s’investir musicalement, restant bien après le départ des trois autres, pour mettre au point ses parties basses, comme sur le phénoménal « Getting Better » dont la partition de basse vaut presque autant que l’ensemble du titre. L’idée du concept vint à Mc Cartney alors qu’il lisait un article qui expliquait comment Elvis, à l’époque, avait envoyé sa voiture en tournée à sa place. Les gens payaient alors pour admirer la voiture du King qui la faisait voyager dans les différents patelins. Mc Cartney se dit alors qu’ils pourraient créer un faux groupe, le « Sgt Pepper ‘s Lonely Heart’s Club Band » enregistrer un faux Live et envoyer le disque en tournée. Le nom du groupe fait référence à une mode, à l’époque, qui consistait à trouver des noms de groupe à rallonge. L’idée ne parvint pas à dépasser les deux premières chansons, mais le nom du groupe fût intégralement préservé pour donner le titre au nouvel album.

L’album compte à peu près autant de réussites fabuleuses que de ratages mémorables pour ne pas dire quelques naufrages.
« Sgt Pepper ‘s Lonely Heart’s Club Band » introduit l’album avec des sons d’orchestre qui s’accorde et de brouhaha dans le public venu l’acclamer. Ensuite, Mc Cartney se met dans la peau du présentateur qui introduit Billy Shears, vedette du show. Un rock de bonne facture, braillé par un Paulo en forme olympique et dont l’enthousiasme transparait facilement. George Martin, comme durant tout le disque ou presque, effectue de petits miracles en donnant naissance à une partition de cuivres qui se marie à merveille à ce morceau à tiroirs comme savait si bien en écrire le fameux bassiste. Je reviendrai sur la version mono, mais il est à noter l’apparition d’une sorte d’explosion de guitare à la fin du titre, totalement inaudible dans la version stéréo.
« With a little help from my friends » est donc censé être le morceau chanté par Billy Shears, vedette du show. Pour une fois, la chanson confiée à Ringo Starr est une véritable chanson, très belle, composée par Lennon, qui donnera lieu à de nombreuses reprises dont une fameuse que je préfère, personnellement, oublier. Lors des séances d’enregistrement du titre, ils mirent la musique en boîte rapidement. Ringo, pensant que la session était terminée, prit le chemin de la sortie lorsque Mc Cartney lui apprit qu’il devait faire les voix dans la foulée. Ringo tenta bien de protester, mais les deux autres se retranchèrent derrière l’avis du bassiste, et Ringo dut donc s’exécuter. C’était toujours un moment de torture pour lui, connaissant parfaitement son potentiel vocal, mais cette fois, la note finale lui posait encore plus de problème. A l’époque, le groupe était encore à peu près soudé, et ses trois copains se mirent à côté de lui, lors des séances, pour le soutenir. A l’arrivée, le batteur s’en sort plutôt bien. Alors que la scéance était sur le point de prendre fin, Mc Cartney resta seul avec les ingénieurs, au milieu de la nuit, et décida d’enregistrer sa partie basse. Un long fil fut installé pour le faire courir jusqu’en régie, et le bassiste joua donc aux côtés des inégnieurs, et non pas en studio, enregistrant ainsi presque les notes les unes après les autres.
« Lucy in the Sky With Diamonds » est considéré comme un des monuments du disque. Lennon trouva l’inspiration dans un dessin de son fils qui, alors que Lennon lui demandait ce que représentait son dessin, lui confia qu’il s’agissait de Lucy dans le ciel avec des diamants. Bon… Lennon étant à l’époque sous substance plus ou moins étrange en quasi permanence, il est toléré que l’on puisse douter de son explication. A l’époque, le titre fût interdit à cause des initiales L.S.D. Pourtant, il est juste de dire que si l’on décortique correctement le morceau, il est bien délicat d’y trouver une véritable allusion aux drogues. Harrison, de plus en plus absent, fût autorisé à mettre son grain de sel en insufflant une touche indienne au morceau avec ce bourdonnement permanent lors du couplet. La version mono renoue avec l’effet voulu à l’époque, et complètement effacé avec le mixage stéréo, à savoir un phasing qui flottait sur toute la longueur du titre et lui donnait une couleur toujours plus psychédélique. A titre personnel, je trouve ce titre un brin surestimé et un peu en dessous de certains titres, et si ses cassures permanentes le rendent original, la mélodie, notamment au moment du refrain, me paraît un peu faible.


« Getting Better » qui prend la suite me paraît davantage être efficace. Avec son jeu de question réponse entre la voix principale et les chœurs et sa mélodie en escalier, la chanson entraîne l’auditeur en permanence, sans temps mort. Une fois de plus, on utilise les sons indiens, avec un tamboura, sur le pont cette fois, rappelant à nouveau l’ambiance psychédélique et légèrement opiacée de l’époque. Le titre, composé par Mc Cartney, évoque son optimisme croissant du moment.
« Fixing a hole » est la preuve par neuf que les beatles pouvait écrire à propos de tout et n’importe quoi. A l’époque, Mc Cartney avait acheté une vieille baraque qu’il retapait à ses moments perdus. Le titre parle tout simplement de ça, alors qu’à nouveau, les radios y virent une incitation à la débauche et interdirent le titre. Musicalement, c’est une nouvelle réussite, même si Mc Cartney est presque seul à jouer sur ce titre, à part la partie de clavecin, exécutée par George Martin.
George Martin était, à l’époque, également affairé à la production d’un autre artiste et MC Cartney, ne souhaitant pas attendre, engagea quelqu’un d’autre pour écrire l’orchestration de « She’s leaving home ». George Martin se contenta de diriger l’orchestre durant la session d’enregistrement. Grosse erreur, probablement. C’est sans doute le titre qui a le moins bien vieilli de l’album. Il rappelle les penchants parfois discutables de Mc Cartney à faire dans le sentimentalisme outrancier. Il s’agit d’une simple histoire de fugue, et Lennon, qui n’aimait pas particulièrement la chanson, y planta son ironie en plein chœurs.
Pourtant, Lennon, qui brillait par son détachement, n’était pas spécialement en grande forme sur la plupart des chansons. « Being For The Benefit Of Mr. Kite ! » n’est pas un modèle de réussite. La mélodie est assez pauvre, et l’ensemble n’est en fait qu’un prétexte pour y développer une ambiance de cirque. Lennon s’est en effet inspiré d’une vielle affiche de cirque pour créer son morceau. Les bruits de cirque furent mis bout à bout, selon la même méthode que sur « Yellow Submarine », à l’époque de Revolver. Emerick prit des bruits de cirque dans la bibliothèque sonore, en découpa les bandes, les jeta et les assembla au hasard, mais, à l’instar de l’enregistrement de « Yellow Submarine », le hasard faisant bien les choses, elles se retrouvèrent dans l’ordre initial, ce qui pouvait créer des problèmes de droit, Emerick choisi donc arbitrairement l’ordre des morceau, et le miracle fit que l’ensemble s’accorda à merveille avec le morceau. Si l’ambiance est assez réussie, la chanson en soi est tout de même relativement faible, mais pas autant que…
« Within You, Without You » de ce pauvre George Harrison. Il nous refait le coup de la chanson indienne, lui qui, à l’époque, est totalement immergé dans cette culture qu’il découvre de fond en comble. Sauf que s’il n’est pas un grand joueur de sitar, il n’est pas non plus un compositeur hors pair. Lennon et Mc Cartney vont le laisser faire histoire d’avoir la paix mais avec beaucoup de doutes quant à la pertinence de cette intervention. Tout comme moi, d’ailleurs. Ils trouveront l’ensemble « joli et bien interprété » mais ne sonnant pas vraiment comme du Beatles.
« When I’m Sixty-Four » ou l’art de Mc Cartney de jouer au touche à tout ! Le titre est l’un des plus vieux du répertoire du groupe qui le jouait déjà à l’époque de Hambourg, dans une version certes différente. A mes yeux, c’est une grande réussite. D’abord la mélodie. Toujours cette mélodie en escalier qui consiste à ne jamais répéter deux fois la même trame mélodique au sein du même couplet. Ensuite, l’orchestration, véritable merveille qui donne à entendre un groupe des années trente. Enfin, pour avoir l’air plus jeune, lors de l’enregistrement de la voix, la bande sera ralentie sur la prise voix, puis repassée à la bonne vitesse, donnant à la voix de Paulo un timbre plus aigüe et donc plus jeune.
« Lovely Rita », et Mc Cartney, toujours et encore. Il gagne par K.O. proposant des chansons au format pop parfaites. Celle-ci évoque les pervenches anglaises de l’époque qui, depuis se font appeler les « Metter Maids ». L’intro du titre, magnifique, s’enchaîne parfaitement avec le morceau précédent et si la chanson n’est pas la meilleure de l’album, Mc Cartney fait à nouveau état de son génie pour trousser des mélodies à tiroir.



« Good Morning Good Morning » atteste de la méforme ou du désintérêt de Lennon. La chanson est totalement bâclée, tant d’un point de vue de la mélodie que des arrangements. Inspiré par une boîte de cornflakes, le seul intérêt du morceau est de servir d’introduction à la reprise de « Peppers ». Le bruit des animaux de ferme, en lien direct avec le « Pet Sounds » des Beach Boys se finit avec un coq qui termine sur la même note que la première note du morceau suivant, créant ainsi un lien aussi parfait qu’improbable.
La reprise de « Peppers » est tout bonnement merveilleuse. Poussé à son maximum, le morceau prouve que Mc cartney savait trousser des rocks au moins aussi efficaces que son camarade. La version mono est à ce titre époustouflant. Ca vous rentre dedans de façon tellement explosive que la version stéréo apparaît du coup relativement plate. Pour des raisons de planning, le morceau fût enregistré dans un autre Studio, obligeant le groupe à jouer ensemble. La chambre d’écho est en fait la résonnance de la pièce. Ils jouèrent vite et bien et seul quelques overdubs furent ajoutés. La chanson est censée clore le spectacle pour un album concept oublié depuis longtemps. Le mix mono donne à entendre la voix de Mc Cartney, en fin de chanson, qui aurait du être supprimée et qui fût happée par la version stéréo.

Avant d’en terminer avec cet album, il apparaît intéressant de revenir sur un point important de l’histoire du groupe, notamment pour ceux qui avaient tendance à comparer les Stones et les Beatles. Les Beatles, c’est avant tout une histoire d’amitié… et de rivalité. Car si pendant une grande partie de la vie du groupe Lennon et Mc Cartney se sont aimés et admirés comme des frères, ils étaient en perpétuelle rivalité pour savoir qui allait impressionner l’autre. Depuis le début, le duo fonctionnait ainsi, mais leur force résidait aussi dans le fait qu’ils étaient tous deux chanteurs, auteurs et compositeurs, ce qui n’est pas le cas des Stones. La plupart du temps, Richards faisait la musique, Jagger les textes.
Dans cette rivalité, Lennon et Mc Cartney se battaient à armes égales et pouvaient donc véritablement comparer et jusqu’à la fin de l’enregistrement de ce disque, c’était toujours fait dans l’intérêt de la musique. C’est pourquoi, cet album et plus particulièrement le morceau qui le termine, représentent l’apogée du groupe. Après ce disque, plus rien ne sera comme avant, l’entente cordiale va rapidement se désagréger pour se transformer en haine viscérale. Pourquoi ? C’est une autre histoire.

Lorsque Lennon déboule avec les premières mesures de « A day in life » personne ne le sait encore mais le groupe s’apprête à passer un temps considérable sur ce morceau. Lennon joua le titre la première fois à la guitare sèche, seul au milieu du studio, et de l’aveu d’Emerick, c’était déjà bouleversant. Mc Cartney lui-même est pantois. Pourtant, Lennon avoue qu’il lui manque un truc au milieu pour faire le pont. Peu importe, Mc Cartney a dans ses tiroirs un petit bout de chanson dont il ne sait que faire mais qui se marierait pas mal du tout avec le reste. Afin de lier les deux parties, il est rapidement décidé de laisser 24 mesures de libre au milieu. Passons rapidement sur les détails d’enregistrement que je vous conseille de découvrir dans le passionnant bouquin d’Emerick, il faudrait des pages complètes. Je passe également sur le sujet de la chanson, tout le monde ou presque sait que Lennon s’est inspiré de deux nouvelles piquées dans un journal alors que Mc Cartney se contente de dépeindre le réveil douloureux d’un mec déjà en retard alors qu’il n’a pas posé le pied par terre. Ce qui me sidère encore aujourd’hui à l’écoute de ce titre spectaculaire, c’est l’osmose absolue qu’il y a visiblement entre Lennon et Mc Cartney qui ne marchent que pour le bien de leur musique, à l’instar de George Martin qui faillit perdre son flegme lorsqu’il dirigea un orchestre de musiciens professionnels à qui il fallut expliquer qu’on leur demandait de jouer n’importe quoi en partant simplement de la note la plus basse pour finir sur la note la plus haute, le tout sur 24 mesures. C’est d’ailleurs Mal Evans qui, perché sur le piano, compte les mesures (Emerick ne parviendra pas à totalement étouffer le décompte) alors que Lennon, jamais le dernier pour la déconne, avait placé un réveil qui sonna miraculeusement au moment où Mc Cartney entame son « Woke up… », que Emerick ne parviendra pas non plus à effacer.
Ce chef d’œuvre absolu est à mon sens le paroxysme de la collaboration des deux leaders des Fab Four, où Ringo Starr brilla par une partie de batterie particulièrement réussie mais où George Harrison se retrouva à jouer des maracas, prouvant ainsi, s’il en était encore besoin que le groupe reposait avant tout sur la valeur de Lennon et de Mc Cartney.

L’album fera figure, à l’époque, de précurseur à bien des égards. C’est d’abord la première fois qu’une pochette d’album coûte aussi cher, avec une telle mise en scène, où apparaissent tous les grands noms du 20ème siècle qui ont inspiré les Beatles d’une manière ou d’une autre. Lennon, qui une fois de plus, voulait se montrer le plus provoquant, souhaitait voir apparaître Hitler, mais il se fit gentiment rembarrer par ses potes, la déconne ayant ses limites. Ensuite, c’est la première fois que les paroles étaient imprimées, qui plus est sur le dos d’une pochette. Ce disque fût le plus cher de son époque, mais également le plus long à produire. Ils eurent également l’idée d’inclure une boucle de huit secondes à la fin du sillon qui se répétaient sans cesse, obligeant l’auditeur, s’il voulait que cela cesse, à se lever pour la faire cesser.

Ce disque est devenu l’un des disques cultes du groupe qui, aujourd’hui encore apparaît comme une pierre angulaire de leur travail. Une osmose entre le groupe, les auteurs, le producteur et l’ingénieur du son. A l’époque, seul Emerick comprit qu’il travaillait sur un disque véritablement marquant. Le groupe fera mieux musicalement, sur l’ensemble d’un album, mais ne parviendra plus à créer une œuvre totale et aussi définitive que ce disque qui représente un grand pas dans l’humanité pop.

Concernant les récentes rééditions, si la version stéréo est parfaitement impeccable, la version mono s’avère tout aussi indispensable pour ne pas dire prépondérante. Le disque sonne tout à coup beaucoup plus rock, à l’instar de « Revolver », mais voit aussi de nombreux détails apparaître et des effets, étouffés par le stéréo, renaître de leurs cendres (Un ballon qui explose lors du passage orchestré de « A day in life » ou les pompes de Ringo qui crisse sur la note finale de la même chanson…). Bref, si pour bien faire il convient d’avoir les deux, la version mono sonne décidément beaucoup mieux, ne serait-ce que pour ce fameux équilibrage des instruments.



A l’époque, l’émergence d’une nouvelle mode fit de ce disque un laboratoire aux expérimentations. Il y eu des dizaines de pressages différents, en couleurs, rouge, orange, transparent, bleu, pour un disque qui se prêtait parfaitement à ce genre de fantaisies.

Les Beatles vont vendre ce disque par camions et asseoir ainsi définitivement leur réputation d’artistes intouchables à qui EMI ne peut rien refuser. Mais plus dure sera la chute.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: THE BEATLES REEDITES!   

Revenir en haut Aller en bas
 
THE BEATLES REEDITES!
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
 Sujets similaires
-
» THE BEATLES REEDITES!
» The Beatles
» Expo Beatles à Issy
» Beatles Mono
» Les Beatles

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Neilyoung Forumeast :: Music Arcade-
Sauter vers: