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JUILLET 2017
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 Archives, la chronique de Xroads

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MessageSujet: Archives, la chronique de Xroads   Ven 15 Jan - 18:58

Pour répondre à Grigan et histoire de ne pas polluer le topic Archives, voici la chronique que Xroads a publiée.

Neil Young *****
Archives Vol. 1 (1963-1972)
Reprise Records
Autobiographie multimédia interactive !

Bien malin qui pourrait dater avec exactitude la première mention de ces Archives. En 1977, Decade avait ouvert la voie et Neil Young laissait entendre que toutes ses archives seraient disponibles, un jour (on peut d’ailleurs voir dans ce coffret des séances de travail datant de février 1997…). Le rêve était en marche. Depuis, les fans patientent, fabulent, fantasment sur l’Arlésienne du Canadien et maintenant qu’elles sont disponibles, se divisent en deux camps : ceux qui pensent que Neil a pris beaucoup de temps pour finalement pas grand chose, les vrais inédits étant finalement assez peu nombreux, et les autres, qui voient dans ce beau bébé à la carrure imposante (30x19x19 cm, 3 kilos, dix disques DVD ou Blu-ray, soit 116 titres plus une grosse poignée de morceaux cachés sur chaque album) une somme exceptionnellement riche et novatrice, qui inaugure un genre nouveau et relègue les meilleures compilations au rang de pâles témoignages. Graham Nash l’a dit, Neil Young est un égoïste de première, un type uniquement intéressé par la musique, la sienne de préférence. À nous d’apprécier cette collectionnite aiguë sans laquelle ces Archives n’existeraient pas aujourd’hui. Entre parenthèses, À part Dylan, quel autre artiste pourrait relever un tel défi, sur une telle durée, tout en suscitant une telle (im)patience et de telles attentes pour les volumes à venir ? Bien sûr, on peut émettre quelques réserves, et je le fais un peu plus loin, mais ces Archives sont conçues comme une autobiographie musicale multimédias et interactive, selon le libre-arbitre de Neil Young. Et puis personne n’a râlé en 77 quand Decade ne comprenait qu’une demi-douzaine d’inédits sur trois LP…

Quelques interrogations, quand même…
Avant de passer aux choses sérieuses, je ne peux m’empêcher de poser certaines questions. Je ne chipote pas face au boulot pharaonique que représentent ces Archives (sur le Live At the Riverboat, la bande originale ne tournait pas toujours à la même vitesse d’une chanson à l’autre, et parfois à l’intérieur-même de certaines chansons, obligeant les ingénieurs à tout remettre d’équerre seconde par seconde !). Mais il n’empêche que le résultat aurait pu être encore plus complet, encore plus spectaculaire. Les questions suivantes n’auront probablement jamais de réponse, ce qui n’empêche pas de les poser.

Primo, pourquoi les albums Live at Massey Hall et Live at the Fillmore 1970 sont-ils inclus ici, alors qu’on les trouve dans les bacs sous la même forme depuis plusieurs mois ? Est-ce le retard pris par le projet en raison du lent décollage de la technologie Blu-ray (la crise n’a rien arrangé) qui a amené Neil et Reprise/Warner à anticiper en sortant ces albums séparément et dans le désordre chronologique sous l’appellation Performance Series ? Dans les réunions de travail de 1997, visibles sur le DVD, il me semble entendre Joel Bernstein, l’archiviste en chef, expliquer à Neil que seuls quelques titres des concerts du Fillmore 70 sont disponibles, les autres ont disparu ou été enregistrés sur deux pistes et non en multipistes. Certes, mais même sans être collectionneur, je sais qu’il existe plusieurs concerts de qualité acceptable qui auraient probablement pu faire honneur aux Archives après un petit lifting. Évidemment, un tel aménagement (remplacer Massey Hall et Fillmore 70) aurait encore retardé la sortie du coffret...

Secundo, il y un autre truc qui me turlupine : dans les coffrets DVD/Blu-ray, pourquoi la boîte qui contient le bloc-notes du Whisky A Go Go et la carte de téléchargement est-elle si grande ? On peut quand même y loger pile-poil deux boîtiers DVD standard ! L’ajout de Sugar Mountain, dont la présence n’était a priori pas annoncée au programme initial, n’explique rien du tout. Ce coffret était-il, est-il, conçu pour accueillir autre chose ? Au passage, comment se fait-il que Sugar Mountain ait été ajouté au dernier moment comme un bonus, même si sa présence est aussi (il)logique que celle de Massey Hall et de Fillmore 70 ?

Tertio, pourquoi manque-t-il des trucs comme les enregistrements des Mynah Birds, des outtakes ou des alternates du Buffalo Springfield, un ou deux titres des Rockets et de Crazy Horse pour donner une perspective historique à l’affaire (la place ne manque pas), d’autres lives de CSNY en 1970 (la présence de Stills à la contrebasse donne un tout autre souffle à « Tell Me Why », par exemple), sans oublier la vidéo du fameux concert de la BBC 71 qu’on trouve certes sur youtube (et mon blog), mais amputée de quatre morceaux sur les douze joués). Un double CD enregistré en 1970 à Carnegie Hall et au Cellar Door pour la partie acoustique et au Fillmore pour les trois titres électriques devait même sortir début 71. Juste pour dire que les bandes ne manquent pas…

Quarto, comment se fait-il qu’un mois et demi après les Archives, Warner ressorte en version remasterisée les quatre premiers albums solo, de Neil Young à Harvest ? À un ou deux titres près par album, ces quatre disques figurent in extenso dans cette compilation. Il aurait été artistiquement plus judicieux (et commercialement plus malin) de les incorporer en version intégrale dans les Archives. Même sur les versions CD, la place ne manquait visiblement pas pour un ou deux titres en plus… À l’inverse, trois versions de « Birds », « Sugar Mountain » et « Dance Dance Dance », c’est peut-être un peu beaucoup, non ?

Quinto, je trouve les pochettes globalement ratées, alors qu’il existe de si belles photos par Joel Bernstein et Henry Diltz à partir de 1969…

J’ai failli retirer une étoile à cause de ces bémols mais comment ne pas considérer ces Archives Vol. 1 comme the « disque » de l’année ? Espérons simplement que ces remarques parviendront à Joel Bernstein et à son équipe pour le prochain volume !

Comment ça marche ?
Disons-le d’emblée, la version 8 CD au format cartouche de cigarettes, ne présente aucun intérêt à part un son remarquable. Dans la mesure du possible – et de vos moyens –, privilégiez la version DVD, moins onéreuse que le format Blu-ray. Les coffrets DVD/Blu-ray contiennent un poster représentant les dossiers et tous les titres contenus dans chaque disque, un livre de 236 pages relié en simili cuir où est reproduite une multitude de photos pour la plupart inédites et dont certaines figurent sur les DVD/Blu-ray (du petit Neil, dans le Telegram de Toronto, posant à 5 ans avec un brochet géant de 20 livres aussi grand que lui jusqu’aux photos du film Journey Through The Past, ainsi que la totalité des crédits photos et musicaux et des morceaux écrits et enregistrés pendant cette période avec tous les détails techniques), un petit bloc-notes du Whisky A Go Go (posé sur les tables du club du Sunset Strip pour permettre aux habitués de communiquer quand la musique était trop forte !), une carte de crédit portant un code individuel permettant de télécharger au format MP3 la totalité des 116 pistes (plus quelques pistes cachées, soit 125 titres), et donc un exemplaire complet (CD/DVD) de Sugar Mountain sorti l’année dernière.

Comme sur le DVD de Live at Massey Hall, chaque disque propose un menu complet d’où l’on peut lancer tous les morceaux ou les choisir individuellement, une rubrique More qui propose différentes rubriques (biographie, Web, crédits…) et surtout une chronologie complète (Timeline) qui situe les événements marquants de la carrière du Loner (sur chaque disque, la Timeline zoome par défaut sur la période correspondante, mais les flèches permettent de suivre les pérégrinations musicales de Neil dans le contexte politico-culturel de l’époque, soit de 1945 à 1974). En cliquant sur Song Selection s’ouvre un tiroir à l’ancienne (on est dans le monde des archives !) où sont rangés les titres, dans des dossiers « cartonnés » classés par année. Il suffit de cliquer sur un morceau, par exemple « Aurora », premier titre du premier DVD, pour accéder à son dossier complet. Selon les titres, les onglets sont plus ou moins nombreux et copieux. Dans le cas d’« Aurora », on a droit à des photos, des documents, des coupures de presse et des articles de souvenirs (une représentation du 45 tours d’origine) avec toujours la possibilité d’afficher les légendes (Caption On). Un petit clic dans la case vide permet de revenir au dossier original du morceau et de passer au titre suivant (ou au précédent). Certains titres disposent en plus d’une sous-chemise, qui propose des bonus audio ou vidéo. Sur « I’ll Love You Forever », par exemple, ce sous-dossier permet d’accéder à des documents supplémentaires, en l’occurrence deux enregistrements audio de 1992 où Joel Bernstein parle du morceau en question avec les ingé-sons de l’époque. Ces bonus sont tantôt anecdotiques, tantôt historiques comme le message promo passé en radio pour annoncer la sortie du premier album Neil Young, généralement audio (« This Is It », montage en 14 minutes 30 du dernier concert du Buffalo Springfield le 5 mai 68), parfois vidéo (« Ohio » à quatre guitares acoustiques). Outre la différence de codage audio et vidéo, les versions DVD et Blu-ray se distinguent, d’une part, par le fait que seule la version Blu-ray permet d’écouter un titre tout en parcourant les onglets correspondants. Pour compenser ce léger handicap, j’écoute la version MP3, compressée par l’équipe technique du projet pour sonner de façon optimale, tout en me baladant sur le DVD à l’écran. D’autre part, seuls les heureux possesseurs de la version Blu-ray bénéficieront des mises à jour à venir. Par exemple, le jour où Neil décidera de mettre à disposition les deux titres des Mynah Birds, ils recevront une alerte indiquant qu’ils peuvent télécharger les morceaux et compléter leurs Archives.

Outre les bonus, les DVD comportent aussi des morceaux cachés, repérables par la présence d’une plume posée sur le dossier de certains titres (Sur Topanga 3, la plume associée à « I Believe in You » permet d’écouter une version alternate de ce morceau) et des « Easter eggs », autres perles disséminées dans les différents menus, parfois dans la très détaillée chronologie. Pour les trouver, il faut cherche à l’écran un objet « cliquable ». Dans la section More du disque 8, North Country, un clic sur l’ampli de Neil lancera un clip filmé dans un magasin de disques où il tombe sur des bootlegs de Crosby & Nash et de CSNY ! On ne sait pas pourquoi la caméra suit Neil dans cette petite boutique, mais elle le filme en train de chercher dans les bacs et de négocier avec le vendeur le droit de prendre ce disque sans le payer, expliquant qu’il a écrit des chansons qui y figurent et que l’album est sorti sans son autorisation. Le jeune vendeur, qui visiblement ne connaît pas Neil Young, répond qu’il ne comprend pas de quoi il parle, qu’il vend des disques sans savoir qui chante, qu’il n’a pas de quoi se payer un tourne-disque et que de toutes façons, ce n’est pas lui le patron ! La méthode corse, quoi ! Neil se barre avec le disque sous le bras, le vendeur le rattrape, appelle son patron, qui finalement autorise Neil à partir avec le disque ! L’histoire ne s’arrête même pas là, mais je vous laisse la découvrir, ça dure un quart d’heure… Voilà le genre de choses que l’on trouve dans les « œufs de Pâques » et qui font toute la différence entre la version light (CD) et les versions enrichies (DVD ou Blu-ray).

Early Years — 1963-1968 (disques 0 et 1)
Les deux premiers DVD portent sur les années de jeunesse, de 1963 à 1968, entre les premières années dans la petite ville d’Omemee, Ontario et les années californiennes au sein du Buffalo Springfield. Sur le premier volume, on trouve ainsi les titres instrumentaux du premier 45 tours des Squires, « Aurora » et « The Sultan », que Neil joua notamment en rappel de son concert du 15 février 2008 au Grand Rex. En plus de ces deux titres inspirés des Shadows avec une guitare solo très claire et cassante, on trouve quatre titres avec les Squires (d’autres ont été écrits mais pas enregistrés ou perdus) dont « I Wonder », première ébauche de « Don’t Cry No Tears » enregistrée en 1964. « The Ballad of Peggy Grover » (décembre 65) alimentera également ce futur classique. Parmi ces tentatives de jeunesse, parfois maladroites, on reconnaîtra notamment la mélodie de « I Am A Child » dans « The Rent Is Always Due ». « Hello Lonely Woman » sonne comme du Beach Boys, une autre grande influence de Neil (il sera très lié à Dennis Wilson dix ans plus tard) et auxquels il fera référence en 1976 dans « Long May You Run ». Ce titre enregistré dans le grenier de la maison de Comrie Smith, un copain d’école de Neil dont aucune photo n’est proposée, refera surface lors de la tournée des Blue Notes en 1987 (merci Cortez !). Dans la longue interview parue sur le site de Uncut (www.uncut.co.uk), Comrie Smith souligne que la ligne mélodique de « Casting Me Away From You » a inspiré l’instrumental « The Emperor Of Wyoming ». À noter la démo de « Sugar Mountain » enregistrée avec Peter K. Siegel qui s’illustrera également avec Tom Paxton, Paul Siebel ou Elliott Murphy. Dans les bonus de « Nowadays Clancy Can’t Even Sing », on apprend notamment qui était ce fameux Clancy qui ne savait même chanter. Les choses deviennent sérieuses avec le Disque #1 qui couvre les années Buffalo Springfield avec les classiques de l’époque : « Mr Soul » (en bonus, une interview radio de Neil à propos de la ressemblance avec « Satisfaction »), « Expecting to Fly », « I Am A Child » ou « Broken Arrow », tous dans les versions originales mais accompagnés d’extraits d’interviews radio. Un inédit, « Sell Out », de février 67 et « surtout « Down Down Down » de 1966 dont on retrouvera des plus-que-bribes sur « Broken Arrow » et en dans la partie B. de « Country Girl ». Dans la section Photos de « Kahuna Sunset », une courte vidéo faite d’images animées où l’on voit Neil avec son célèbre pull à grands carreaux de l’époque. Par contre, les possesseurs du coffret Buffalo Springfield resteront sur leur faim.

Topanga 1 — 1968-1969 (disque 2)
Le troisième disque débute sur une version inédite de « Everybody Knows This Is Nowhere » enregistrée en 1968 avec Jim Messina et George Grantham, plus champêtre que l’originale qui referme l’album. Une plume signale la présence d’un morceau caché, en l’occurrence des extraits de conversations en studio lors de l’enregistrement de « The Emperor of Wyoming ». « Birds » est proposé ici en version orchestrée, gravée le même jour et avec les mêmes musiciens que « Everybody Knows This Is Nowhere » avec Neil au piano (on dirait un clavecin). Six titres de Neil Young, dans les versions originales ou des unreleased mixes, avec souvent des bonus (le label du 45 tours promo de l’album qui indique Neal Young…). Les versions live de « Sugar Mountain » et de « Nowadays Clancy Can’t Even Sing » sont bien issues du concert de la Canterbury House, mais elles datent du 10 novembre 1968 et non du 9, comme sur le CD sorti l’année dernière. La VO de « Down by the River » est complétée par deux « raps » d’introduction et une interview radio. Les versions officielles de « Cowgirl in the Sand » et « Everybody Knows This Is Nowhere » referment ce 3è tome. De l’album officiel manque « The Losing End ».

Live at the Riverboat — February 7-9 1969 (disque 3)
Sans aucun doute l’un des plus intéressants des 10 disques, ce concert a été enregistré au Riverboat de Toronto trois mois après Sugar Mountain. Entre-temps est sorti Neil Young, représenté ici par « I’ve Loved Her So Long », « Last Trip to Tulsa » (juste avant de démarrer, il annonce la présence de Bruce Palmer, bassiste du Buffalo Springfield, mais celui-ci ne joue pas) et « The Old Laughing Lady ». Le reste du concert puise dans le répertoire du Buffalo Springfield, « I Am A Child », « Flying on the Ground is Wrong » ("this is my dope song"), « On The Way Home » et « Broken Arrow ». Un inédit, très mineur, intitulé « 1956 Bubblegum Disaster », composé de deux morceaux visiblement improvisés de quatre vers chaque. Ça dure 2 minutes et ça ne mérite guère plus. Plus intéressant par contre, « Whiskey Boot Hill », partie A. du futur « Country Girl ». Pas de bonus sur le DVD de cet album solo acoustique, mais beaucoup de documents, notamment des coupures de presse qui ne sont pas reproduites en intégralité dans le bouquin. Neil parle énormément entre les morceaux, s’énervant parfois face à un public pourtant très local puisque de Toronto (!), avant de se montrer très agréable sous les applaudissements. Il demande d’ailleurs si quelqu’un veut entendre un morceau particulier et opte pour « Expecting to Fly » qui conclut le deuxième set.

Topanga 2 — 1969-1970 (disque 4)
Ce CD, qui comprend trois titres de l’album Everybody Knows This Is Nowhere et autant de After the Gold Rush, vaut pour le mix inédit de « Oh Lonesome Me », la version 45 tours de « Birds », parue en face B de « Only Love Can Break Your Heart » avec Crazy Horse au grand complet, l’inédit « Everybody’s Alone », une vidéo de « Sea of Madness » enregistrée à Big Sur et dont la version officielle, soi-disant captée à Woodstock, date en fait du 20 septembre 1969 au Fillmore East avec CSNY. Dans le dossier « Sea of Madness », la plume indique un morceau caché, à savoir « I’ve Loved So Long » par CSNY, en fait Neil et Nash aux harmonies (août 69). Suivent des versions inédites avec Crazy Horse de « Dance Dance Dance » et, en live, « It Might Have Been », rare reprise signée Ronnie Green et Harriet Kane qu’il présente comme l’une de ses chansons préférées sans en connaître l’auteur. Pour trouver d’autres trucs intéressants, il faut retourner au menu du DVD et aller dans la Timeline : en cliquant sur les épingles, on visionnera le clip de Stills et Young interprétant sur « Mr Soul » à Woodstock en duo acoustique et « Down By The River » par CSNY, dans la version télé visible sur Youtube.

Live at The Fillmore East — mars 1970 (disque 5)
Voila l’une des raisons qui fâchent : que font Live at Fillmore East et Live at Massey Hall dans ce coffret ? Les amateurs qui les ont achetés à leur sortie auraient préféré un autre concert électrique et le BBC 71 en acoustique (je radote, je sais). Depuis la sortie du coffret, le prix de ces albums a baissé de moitié en magasin. Personnellement, je n’avais pas acheté le Fillmore East, trop électrique à mon goût. Crazy Horse effectue sa dernière tournée avec Danny Whitten et héberge officiellement Jack Nitzsche au piano. Une découverte dont je me régale avec quelques réserves toutes personnelles : autant j’aime « Everybody Knows This Is Nowhere », « Winterlong » (inédit jusqu’à Decade en 1977) ou « Wondering », que Neil annonce pour son prochain album, After the Gold Rush, mais qui n’apparaîtra pas avant Everybody’s Rocking treize ans plus tard, autant les interminables soli de « Down by the River » et « Cowgirl in the Sand » (respectivement 12 et 16 minutes) me laissent froid… Co-écrite avec Young, « Come on Baby, Let’s Go Downtown » est chantée par Danny Whitten dans une version légèrement différente de celle de Tonight’s the Night (les premiers vers diffèrent d’une version à l’autre), mais toutes deux sont issues des concerts du Fillmore (4 shows les 6 et 7 mars 70). Whitten décèdera le 18 novembre 1972, viré par Young avec 50 dollars en poche, 50 dollars qu’il consacrera à sa dernière dose d’héroïne. Ce Live at the Fillmore est définitivement l’album de Danny Whitten.

Topanga 3 — 1970 (disque 6)
1970 est l’une des plus belles années de Neil Young, entre Déjà Vu paru le 11 mars et After The Gold Rush le 19 septembre. D’ailleurs, ces deux albums sont intégralement représentés avec « Country Girl » et une alternate mix de « Helpless », deux versions de « Birds » (celle du 45 tours figure sur Topanga 2), des versions live de « Tell Me Why » (Crosby, Nash et Young aux vocaux à l’unisson et Stills à la contrebasse, avec une ambiance sur scène extraordinaire), des vidéos de « Only Love Can Break Your Heart » (Stills à la contrebasse), de « Ohio » à quatre guitares acoustiques et de « On the Way Home » du 2 juin 70 (très proche de 4 Way Street). Quand on les entend et voit rire autant tous les quatre, il est difficile d’imaginer les tensions qui existaient en studio lors de l’enregistrement de Déjà Vu, quelques mois plus tôt. La Timeline propose une vidéo de Neil interprétant « The Loner » enchaîné à « Cinnamon Girl » puis dans un parc, montrant à un type qui l’aborde comment jouer ce morceau ! Toujours une caméra qui traîne au bon endroit et au bon moment. Étonnant, non ? Je ne vais pas dire que ces quelques bonus justifient l’achat du coffret, mais de ce DVD, oui, sans hésitation (les différents volumes sont vendus séparément sur le site officiel). Au rayon des « goodies », je citerai l’extrait d’une interview radio de 1981 où Neil s’exprime par rapport à la chanson de Lynyrd Skynyrd, « Sweet Home Alabama ». Le disque s’achève sur une version au piano de « See The Sky About To Rain » au Cellar Door en décembre 70. Sans faire le ronchon, pourquoi n’a-t-on pas droit au reste de ce concert…

Live at Massey Hall — 1971 (disque 7)
Cet album, le troisième des Performance Series, est sorti en mars 2007. Voici un résumé de ce que j’écrivais à cette occasion dans le numéro 53 de Crossroads. Ce concert du Massey Hall, mélange du early show et du late show est une collection définitive du Neil Young acoustique: 17 titres en 61 minutes, deux rescapés de Last Time Around du Buffalo Springfield, « On the Way Home » en ouverture et « I Am A Child » en clôture ; « Helpless » et « Journey Through the Past ». Rajoutez « Cowgirl in the Sand », « A Man Needs a Maid », présenté comme un Broadway Musical aux paroles non encore définitives ("Afraid, a man feels afraid", au refrain), « Don’t Let It Bring You Down » et « Ohio », une paire d’inédits (« Bad Fog of Loneliness » et « Dance Dance Dance »), une murder ballad (« Down By The River »), un bulletin météo (« See the Sky About to Rain »), un piano pour « Love in Mind » et un « There’s a World » dénudé qu’on redécouvre avec plaisir tant la version encordée faisait tache sur Harvest, deux ou trois Martin D45 et une chemise à gros carreaux, et vous tenez là un disque redoutable par la qualité des compositions et surtout la puissance des interprétations, sans artifice, juste un piano ou une guitare, même pas une soufflette d’harmonica. Je maintiens qu’à 25 ans, Neil Young n’est pas loin d’être à son apogée. Le concert a été filmé dans son intégralité. Vous êtes sur scène, entre le piano et les D45, le micro et le magnétophone à bandes qui tourne, posé sur une chaise. L’image est frêle, parfois floue, sépia. Neil Young chante pour vous, comme vous n’avez jamais osé l’espérer. Vous n’en raterez pas une miette tellement ces images semblent venir d’ailleurs. Et si vous sortez indemne de ce tour de force, un dessert somptueux vous attend : passons sur la brève discographie sélective (albums acoustiques) et les paroles de toutes les chansons, manuscrites ou tapées à la machine, l’historique du Massey Hall de Toronto et la Timeline des années 1970 et 1971. mais les vrais bonus sont ailleurs : Neil Young invité au Johnny Cash Show où il interprète « The Needle and the Damage Done » en fixant la caméra et « Journey Through the Past », et des extraits d’un documentaire européen filmé sur son ranch californien, Broken Arrow. On y fait la connaissance de Louie Avila, l’Old Man, l’homme à tout faire de la propriété, cabot face à la caméra alors que Young semble s’en méfier ("Tu dois être riche pour te payer un ranch pareil?". "No, I guess I’m just lucky", qu’il lui répond). Autre document intéressant, cette séance tournée en 1997 en compagnie du photographe/archiviste Joel Bernstein où les deux hommes trient les documents relatifs à ces deux concerts du Massey Hall (photos, coupures de presse, setlists…), comme quoi ce projet d’archives ne date pas d’hier. En fait, tous les DVD contiennent une séance enregistrée avec Joel Bernstein, homme-clé des coffrets Crosby, Nash et bientôt Stills, et qui, près de trente ans après leur première rencontre et quelques centaines de pellicules, semble toujours intimidé face à Young, lequel scrute de près touts les documents archives qu’on lui soumet. Pour lire la version complète de cette chronique, ressortez le numéro 53 (ou achetez-le !) ou inscrivez-vous au forum des spécialistes : http://neilyoung.forumeast.com/forum.htm) !

North Country — 1971-1972 (disque 8)
Ce dernier album audio du coffret correspond à l’emménagement au ranch Broken Arrow en Californie du Nord. Musicalement, ça se passe dans la Grange (the Barn), mais aussi à Nashville avec l’enregistrement de Harvest et à Londres pour les sessions avec le London Symphony Orchestra. L’eusses-tu-cru, les deux sessions avec le grand orchestre sont présentées en vidéo ! Le dossier « Words » comprend une longue vidéo de Neil écoutant le morceau en plein air, allongé dans l’herbe et se félicitant de l’écho naturel des collines alentour. Ça me rappelle l’anecdote où il emmène Nash faire un tour sur le lac et demande à son ingénieur du son, Elliot Mazer, de monter le son en gueulant « More Baaaarn » ! En revanche, il se montre très peu disert face à son interviewer qui l’interroge sur sa créativité. "You know, it’s like, I mean…”. Bref, on n’en saura guère plus. À part « Out On the Week End », toutes les chansons de Harvest sont présentes, « Heart of Gold » en studio et dans une version live tirée du même concert que « The Needle And The Damage Done », « Words », dans la version longue (15 minutes) du film Journey Through the Past. « Bad Fog of Loneliness » et « Journey Through the Past » en version country, c’est à dire avec Ben Keith, Tim Drummond, Kenny Buttrey et John Harris. Une troisième version de « Dance Dance Dance » (après les live Massey Hall et avec Crazy Horse en 1969 sur le disque 4) est proposée en version acoustique avec Graham Nash au banjo et aux harmonies. On retrouve Nash à la fin du CD, avec « War Song », dont je regrettais l’absence sur le coffret Reflections. Rayon vidéos, c’est pas mal avec deux interviews de Neil dans le ranch, « Alabama », « Are You Ready for the Country » et le « Gator Stomp », session improvisée dans la grange avec les Stray Gators (Buttrey, Keith, Drummond et Nitzsche), sans oublier les deux vidéos de Londres avec le London Symphony Orchestra.

Journey Through The Past — 1972 (Disque 9)
Bizarrement, autant les Archives étaient attendues depuis belle lurette, autant ce film connu, mais rarement projeté ne semblait pas susciter la moindre impatience. Il faut dire que la plupart des fans qui ont vécu l’époque du vinyle possédaient le double album qui renfermait sa bande-son, et que, franchement, ça ne cassait pas trois pattes à un canard, entre deux ou trois trucs du Buffalo Springfield, de CSNY et autres titres extérieurs à l’univers du Canadien. Et puis « Soldier », seul nouveau morceau figurait sur Decade… Pour tout vous dire, j’ai trouvé ce film fascinant, même si je reconnais ne pas en saisir le sens exact ! Comme Dylan, Neil Young se regarde comme quelqu’un d’où le génie peut jaillir à tout moment, même quand il ne se passe rien. De fait, les scènes se succèdent sans lien apparent, entre des extraits de concerts du Buffalo Springfield en playback à la télé (« For What It’s Worth » enchaîné à « Mr Soul »), une session radio avec Scott Shannon, célèbre DJ de Nashville, « Find the Cost of Freedom » avec CSNY le 5 juin 70 au Fillmore East, un prestidigitateur et un gamin de 12 ans qui demande un autographe à Neil pour sa collection, une vidéo de « Southern Man » avec CSNY mais où l’image est principalement centrée sur David Crosby, même pendant les solos de Stills et Young, Richard Nixon chantant « God Bless America » dans un stade accompagné au piano, Graham Nash reconnaissant au premier coup d’œil un joint roulé par le batteur Johnny Barbata et prônant la légalisation de la marijuana, les répétitions de « Are You Ready for the Country » et de « Words » dans la grange avec les Stray Gators (photo au verso sur la pochette de Harvest) ou une aiguille qui pénètre un bras garrotté dans le soleil couchant, every junkie’s like a setting sun… Et puis les voitures sont très présentes. Young ne semble jamais aussi heureux que dans cette scène où il gambade dans un cimetière de bagnoles à Nashville, coiffé d’un casque de chantier rutilant et portant des gants de sécurité. « Ça, c’est une Buick Limousine 1957 », dit-il fièrement à propos d’une épave ensevelie. « La meilleure bagnole jamais construite par Buick. Elle coûtait 10.000 dollars en 1957 ». Le tout sur fond de « Words » en boucle (15 lancinantes minutes sur le disque 8). Autre scène fascinante, même s’il ne se passe pas grand chose, avec Neil et Carrie Snodgress ("I fell in love with the actress/She was playing a part that I could understand"), roulant dans une vieille carcasse, s’arrêtant et descendant de voiture. On attend en vain qu’ils se parlent, mais un bref regard et la bagnole repart, tous phares allumés. Et que dire des fameux cavaliers qui hantaient la pochette du LP. KKK ou pas KKK ? Leur tenue est noire, alors que les membres du Klan sont vêtus de blanc… On les voit arriver au trot au détour d’une plage où un type portant un sweat-shirt #22, clone de Young, tourne autour d’un poteau au volant de son pickup Chevrolet. Cinq minutes plus tôt, #22 descendait une pente douce à coté de sa camionnette vide, lui parlant même. Et maintenant les cavaliers à pied, toujours encapuchonnés, s’agglutinent et embrassent le poteau encerclé par la Chevrolet de #22. Le film s’achève sur « Soldier », Neil au piano, dans une scierie où arrive une limousine version allongée avec à bord un général et un cardinal se déplaçant en fauteuil roulant. Au loin, on distingue une voiture et ses phares jaunes qui disparaissent dans la nuit. The End. La semaine du 8 mai 1974, Journey Through The Past a généré 20.000 dollars de recettes, loin derrière L’Arnaque et Le Shérif est en Prison (respectivement 850.000 et 680.000 $). Du coup, je me prends à espérer que Human Highway sera intégré dans un prochain volume. Enfin, ceux qui acheté le coffret CD peuvent toujours commander séparément le film et le bouquin de 236 pages sur neilyoung.com/archives. Mais pas le bloc-notes du Whisky A Go Go…

À ranger… je dirais bien sur l’étagère, la cheminée ou dans un placard, en fait là vous pouvez caser cette malle aux trésors !

Jacques-Eric Legarde
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MessageSujet: Re: Archives, la chronique de Xroads   Sam 16 Jan - 9:49

Je m'en souviens quand c'est sortit, je me suis précipité dessus!

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“A mon avis, c'est ca qui déglingue les gens, de ne pas changer de vie assez souvent.”
― Charles Bukowski
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MessageSujet: Re: Archives, la chronique de Xroads   Dim 17 Jan - 16:14

Alors là, j'ai les bras qui m'en tombent des mains!
Je découvre ta chronique depuis deux jours, et la 1ère question qui me vient à l'esprit, que deviennent ceux qui ont achetés les archives en Cd's (comme moi Rolling Eyes ),version light comme tu dis! Déjà ça sentait l'arnaque avec les deux Live "Massey" & "Fillmore" sans inédits! Et qu'est qu'il foutent là?...
2ème, je comprends vraiment l'attitude de Jean Do Bernard (Xroads), quand il dit que le messe est dite à la fin des années 90's, je pense que ce mec est de ma génération, on a tellement été fan, et on est en droit d'attendre plus, si Neil est comme Zappa, putain il doit y avoir un max de Live de derrière les fagots, comme le Canterbury qu'il nous sort comme ça! et qui n'est pas dans les archives, sans parler du survollage des Buffalo Springfield...
...Bon, vai-je me payer la version Dvd Rolling Eyes
p-s: ça n'enlève rien à ta chronique, qui est comme d'hab super érudit
Chapeau bas!
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MessageSujet: Re: Archives, la chronique de Xroads   Dim 17 Jan - 19:41

harvester a écrit:
Alors là, j'ai les bras qui m'en tombent des mains!
Je découvre ta chronique depuis deux jours, et la 1ère question qui me vient à l'esprit, que deviennent ceux qui ont achetés les archives en Cd's (comme moi Rolling Eyes ),version light comme tu dis! Déjà ça sentait l'arnaque avec les deux Live "Massey" & "Fillmore" sans inédits! Et qu'est qu'il foutent là?...
2ème, je comprends vraiment l'attitude de Jean Do Bernard (Xroads), quand il dit que le messe est dite à la fin des années 90's, je pense que ce mec est de ma génération, on a tellement été fan, et on est en droit d'attendre plus, si Neil est comme Zappa, putain il doit y avoir un max de Live de derrière les fagots, comme le Canterbury qu'il nous sort comme ça! et qui n'est pas dans les archives, sans parler du survollage des Buffalo Springfield...
...Bon, vai-je me payer la version Dvd Rolling Eyes
p-s: ça n'enlève rien à ta chronique, qui est comme d'hab super érudit
Chapeau bas!

N'exagérons rien non plus!!
D'accord il n'a plus sorti une série de 3 disques "excellents" (au style Neil Young comme on le connaît) l'un derrière l'autre mais il faut remettre les choses dans leur contexte. C'est comme pour les années 80, s'il est vrai que ces projets en dégoûtent plus d'un, ses compositions sont toutes aussi bonnes que celles des années 70. Certes l'inspiration en a subi un coup mais que va-t-on comparer entre un " re-a-tor " , un " landing on water " et un " this note for you? " (je n'ai cité que ceux que j'ai de cette décennie exceptés "hawks and doves" (81) pour lequel j'ai le plus de mal et "freedom"(89) (tiens tiens, un album que l'on considère en majorité comme un "classique" dans les années 80's What a Face ). C'est la même chose pour les années 2000's : que va-t-on comparer entre un " Prairie wind ", " Are you passionate? " et " Greendale " ? C'est vrai que c'est un peu facile de garder ce discours de "mise en contexte" mais n'empêche que ses compos tiennent plus que la route! Suffit d'écouter " transformer man" (qui figure sur "trans") sur le live unplugged pour s'en rendre compte!

Pour revenir au sujet, j'ai acheté les archives en cd et j'en suis bien content mais il est clair que je ne m'arrêterai pas là! Le prix pour le coffret DVD à déjà bien diminué (189 euros au médiamarkt) et je suis sûr qu'après un certain temps, il sera encore moins cher par Amazone!

Super chronique Xroads, magnifique!
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